Sempervivum arachnoideum L.

"arachnoideum" : "aranéeux, arachnoïde" ; référence à l'aspect de la toison de la plante.

Phylum : Angiospermae

Classe : Dicotyledonae

Famille : Crassulaceae

Genre : Sempervivum L.

Sous-genre : Sempervivum

!(1): Sempervivum arachnoideum L., Species Plantarum, ed. 1, 1: 465 (1753) [ed. 2, 1: 665 (1762)]

Syn. :

Sempervivum hastipetalum Lagger

Diagnose originale :

SEMPERVIVUM foliis pilis intertextis, propaginibus globosis.

Habitat in alpibus Italiae, Helvetiae. [perenne]

{ed. 1}

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SEMPERVIVUM foliis pilis intertextis, propaginibus globosis.

Habitat in alpibus Italiae, Helvetiae, Pyrenaeis. [perenne]

{ed. 2}

2n = 32, 64

Origine : Pyrénées, Massif Central, Alpes, Corse, Apennins ; Colli Euganei (naturalisé ?) ; ? Cordillère Cantabrique.

Sempervivum arachnoideum

Aire de Sempervivum arachnoideum

L'aire globale est vaste mais la densité dans cette aire est assez inégale. Ainsi cette plante est omniprésente dans les Alpes occidentales alors qu'elle est plus rare et plus ponctuelle dans les Alpes orientales.

Sempervivum arachnoideum, la "Joubarbe-toile-d'araignée" est bien connue. Il s'agit d'une espèce aisément et immédiatement identifiable, impossible à confondre, hormis avec certains de ses hybrides. Il s'agit d'une Joubarbe aux rosettes de petite taille, dont les poils apicaux des feuilles s'entremêlent et sont étirés par la croissance, créant ainsi une sorte de toile d'araignée recouvrant le centre de la rosette et pouvant aller jusqu'à lui donner un aspect de "boule de coton". Ses fleurs sont rouges ou roses et son coloris floral est beaucoup plus vif que celui de la plupart des espèces à fleurs dites "rouges". Tout cela fait de Sempervivum arachnoideum une très belle espèce, bien connue dans la nature comme en culture.

Son aire naturelle est très vaste et c'est, avec Sempervivum montanum (sous son morphotype burnatii), l'une des deux seules Joubarbes qui soient à la fois présentes en Corse et sur le continent, ce qui démontre l'ancienneté de cette espèce dans le genre Sempervivum.

Sempervivum arachnoideum est présent depuis les Pyrénées jusqu'aux Alpes orientales en englobant le Massif central et l'Apennin. La réalité de sa présence actuelle ou ancienne en région cantabrique (Nord de l'Espagne) n'est pas bien élucidée. Des individus intermédiaires entre le morphotype de Sempervivum giuseppii et le morphotype de Sempervivum arachnoideum y sont bien présents mais leur cytotype est différent de celui de Sempervivum arachnoideum et ne correspondant pas bien avec un hybride de celui-ci. Sempervivum arachnoideum est une plante extrêmement commune dans les Alpes de l'Ouest, où elle arrive parfois à former des populations considérables en pelouses sèches et caillouteuses. Elle devient par contre plus rare et ponctuelle dans les Alpes Orientales.

Son amplitude altitudinale globale est particulièrement large, de 300 m à 3000 m, mais il existe une nette zonation altitudinale entre ses diverses formes : la variété tomentosum est surtout présente à basse et moyenne altitude, alors que la variété arachnoideum se rencontre essentiellement à moyenne et haute altitude. Cela ne correspond pas à une simple accommodation phénotypique, comme on pourrait le croire, car la réalité et la stabilité de ces morphotypes peuvent se démontrer par la mise en culture.

On distingue classiquement trois grands types à cette plante :

§arachnoideum :

Petites rosettes à voile aranéeux net et quasi-permanent. Fleurs rouge vif.

Ce morphotype est assez rare aux basses altitudes, où généralement seul le type tomentosum est représenté. Il est le seul présent dans les Alpes centrales et orientales.

§glabrescens :

Petites rosettes à voile aranéeux discret et souvent non permanent. Fleurs rouge vif.

Il paraît très artificiel de séparer §arachnoideum de §glabrescens, ce dernier s'inscrivant dans l'éventail de variation de §arachnoideum. En effet, si cette forme paraît bien réelle en tant que morphotype fréquemment constaté in situ, on peut cependant émettre quelques doutes à propos de sa réelle individualisation, et donc de sa justification nomenclaturale. Il existe bien sûr certaines populations moins pileuses que la moyenne, mais sans que cela justifie ou permette de les distinguer du type général. Des individus réellement glabres ou glabrescents existent, mais ne sont souvent qu'un état fugace et passager d'individus indiscutablement de type arachnoideum, donc de simples accommodats. Et si ce morphotype §glabrescens se révèle réellement stable, les individus qui le présentent sont soit de simples variations individuelles, soit des individus fortement suspects d'être le résultat de rétro-croisements d'hybrides divers de Sempervivum arachnoideum avec Sempervivum arachnoideum lui-même.

§tomentosum :

Rosettes nettement plus grandes, aplaties, voile aranéeux cotonneux, dense et opaque masquant les feuilles. Fleurs souvent plus pâles que celles de §arachnoideum, parfois franchement rose pâle.

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Le type tomentosum est généralement trop tranché d'avec le type arachnoideum pour ne pas lui accorder un relatif statut nomenclatural, l'existence apparente de formes intermédiaires entre ces deux types n'étant pas un argument suffisant dans ce genre pour nier son individualité au-delà de la simple forme. D'ailleurs, certains clones paraissant intermédiaires in situ prennent souvent un aspect caractéristique de l'une ou l'autre forme une fois mis en culture. Très souvent, ces individus supposés intermédiaires ne sont que des accommodats de Sempervivum arachnoideum §tomentosum, et même certains exemplaires identifiés sur site comme Sempervivum arachnoideum §arachnoideum peuvent se révéler appartenir au type tomentosum une fois mis en culture. Les individus intermédiaires entre ces deux grands types existent bel et bien mais leur prévalence réelle est certainement surévaluée.

On retiendra donc deux groupes dans cette espèce : §arachnoideum et §tomentosum. Vu l'intrication des aires et l'existence de nombreuses formes intermédiaires, il semble excessif de leur accorder le rang de sous-espèces (ce qui est pourtant souvent fait) tout comme il serait excessif de reverser §tomentosum en simple synonymie avec §arachnoideum. On retiendra donc ces deux types avec le rang de variétés. Ces deux variétés peuvent elles-mêmes être subdivisées en multiples formes dont on ne retiendra que les plus significatives. Ainsi, il paraît utile d'individualiser la f. moggridgei, morphotype de la var. tomentosum à bases foliaires pourpre sombre et tige florale plus allongée ainsi que les plus petites formes de la var. arachnoideum, celles qui sont réellement de minuscules plantes et le restent en culture (et ne sont donc pas des accommodats), que l'on individualisera comme la f. bryoides.

On peut donc interpréter Sempervivum arachnoideum de la manière suivante :

Sempervivum arachnoideum

............ var. arachnoideum

............................... f. arachnoideum

............................... f. bryoides

............ var. tomentosum

............................... f. tomentosum

............................... f. moggridgei

Sempervivum arachnoideum se présente sous deux formes caryotypiques : diploïde (2n=32) et tétraploïde (2n=64). Il est intéressant de noter que ces caryotypes ne sont pas nettement corrélés avec les deux grands aspects morphologiques (§arachnoideum et §tomentosum) et sont donc probablement apparus secondairement dans les deux groupes morphologiques, après l'individualisation de ceux-ci à partir d'une souche diploïde initiale sans doute morphologiquement assez proche du type §tomentosum actuel.

Sempervivum arachnoideum

Sempervivum arachnoideum, la "Joubarbe toile d'araignée".

Plante aisément identifiable, ici en compagnie d'un autre symbole des montagnes, l'Edelweiss.

[in situ, col de l'Alpavin]

Sempervivum arachnoideum

Sempervivum arachnoideum en fleurs.

Bien qu'étant l'une des joubarbes les plus banales dans la nature, Sempervivum arachnoideum n'en est pas pour autant l'une des moins belles. Elle est même extrêmement jolie et constitue l'une des parures des montagnes d'Europe occidentale.

Pour l'anecdote, la plante photographiée croît très exactement sur la ligne frontière, on peut dire que la moitié droite de sa touffe est italienne et la moitié gauche est française !

[in situ, Colle di Finestra 2471 m, 97B41]

Hybrides :

Sempervivum ×barbulatum Schott (arachnoideum × Sempervivum montanum)

Sempervivum ×barbulatum n-subsp. barbulatum n-var. pseudo-arachnoideum (Lamotte) --- (arachnoideum × montanum subsp. montanum var. burnatii

Sempervivum ×barbulatum n-subsp. noricum (Hayek) --- (arachnoideum × montanum subsp. stiriacum)

Sempervivum ×piliferum Jord. (arachnoideum × Sempervivum tectorum)

Sempervivum ×piliferum n-subsp. piliferum n-var. flavipilum (Hausm.) --- (arachnoideum × tectorum subsp. tectorum var. glaucum)

Sempervivum ×piliferum n-subsp. pomelii (Lamotte) --- (arachnoideum × tectorum subsp. arvernense)

Sempervivum ×piliferum n-subsp. oliveri (Gautier) --- (arachnoideum × tectorum subsp. boutignyanum)

Sempervivum ×roseum Huter & Gander (arachnoideum × wulfenii)

Sempervivum ×vaccarii Vaccari (arachnoideum × grandiflorum)

Ref. : 1p - 23/03/2007