Sempervivum ×funckii F.Braun ex W.D.J.Koch
"funckii" : dédié à C.H. Funck, pharmacien à Gefrees, Tyrol.
Phylum : Angiospermae
Classe : Dicotyledonae
Famille : Crassulaceae
Genre : Sempervivum L.
Sous-genre : Sempervivum
(1): Sempervivum ×funckii F.Braun ex W.D.J.Koch, in Flora, Regensburg, 15(1): 4, tab. 1 (1832)
Syn. :
Sempervivum montanum var. funkii (Braun) Vaccari
Sempervivum ×funckii var. aqualiense E.Morren
Type : Lectotypus (J.Parnell 1988) dans herbier Schott de Budapest ; "ex Malnitzer Tauern, Carinthie".
Origine : aire naturelle très incertaine.
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Sempervivum funkii Braun ex Koch [Jord. & Fourr., Ic. ad Fl. Europ. 1868] |
Tout ce qui concerne cette plante pourtant bien connue est flou (même la graphie suivant les ouvrages : Sempervivum funCkii / funkii A./F. Braun). Il est traditionnel de la considérer comme un hybride triple de type Sempervivum arachnoideum × montanum × tectorum. En fait, personne n'en sait rien, et, bien que cette hypothèse ne soit pas impossible, rien ne permet de l'affirmer sans au moins un caryotype (qui semble n'avoir jamais été réalisé).
Son aire de répartition réelle est également difficile à préciser, même de manière approximative, tant ce taxon a été confondu (volontairement ou involontairement) dans les relevés floristiques avec d'autres hybrides naturels beaucoup plus fréquents que lui (surtout Sempervivum arachnoideum × montanum). Son origine naturelle n'est même pas certaine !
Certains éléments font suspecter pour cette espèce une origine horticole ancienne avec échappement des cultures suivie de naturalisation :
- Elle est connue depuis très longtemps en culture.
- Son aire "naturelle" globale semble très vaste mais ne semble constituée que de quelques rares sites ponctuels disséminés anarchiquement çà et là, sans réelle homogénéité géographique. Ce qui évoque plus une plante naturalisée à partir de cultures qu'une répartition naturelle.
D'autres éléments, au contraire, plaident en faveur d'une spontanéité réelle, au moins partielle :
- Sa nature d'hybride horticole complexe, donc potentiellement "travaillé", est curieuse et anachronique pour une plante issue de culture ancienne, à une époque ou on se contentait généralement de sélectionner certains exemplaires d'espèces naturelles. Dans ce cas, sa nature hybride, si elle est réelle, serait donc probablement spontanée (c.à.d. par mise en culture d'un hybride naturel), bien qu'une apparition fortuite en culture ne soit pas totalement impossible.
- L'existence en culture de plusieurs clones manifestement différents (sans indications d'origine, hélas), alors que si cette plante était à l'origine un cultivar, elle devrait présenter l'aspect d'un clone unique. Cela pourrait cependant s'expliquer par l'apparition de mutations végétatives maintenues par le clonage. On peut également supposer que ce ne soit pas un clone mais une lignée fixée pouvant être reproduite par semis, ce qui infirmerait l'hypothèse d'une origine horticole hybride.
- Il est curieux qu'une plante cultivée se soit naturalisée en tant d'endroits différents et éloignés, alors qu'elle n'a évidemment jamais été autre chose qu'une plante de culture assez marginale (contrairement à Sempervivum tectorum).
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On reconnaît classiquement deux formes à cette plante :
Sempervivum ×funckii var. funckii
La forme-type a été initialement décrite du pied sud des Hohe Tauern en Autriche, où elle n'a plus été retrouvée par la suite... On lui attribue cependant de nombreux sites de naturalisation probables, en Bavière particulièrement.
Morphologiquement, il s'agit d'un petite Joubarbe aux fleurs rouge clair, très prolifique, aux rosettes assez globuleuses, très pleines, vert foncé, glanduleuses, aux cils marginaux bien marqués. C'est surtout la présence de ces nets cils marginaux qui la différencie visuellement de certains hybrides de type arachnoideum × montanum avec lesquels on l'a souvent confondue. Plante commune en culture, où elle est assez aisément reconnaissable.
Sempervivum ×funckii var. aqualiense E.Morren
Ce taxon des Ardennes belges est un exemple de localisation surprenante et excentrique de cette espèce intrigante et problématique. Il s'agit même de l'une de ses rares localisations certaines, et l'absence locale de ses parents putatifs (si on lui admet une origine hybride) pose interrogation, mais une naturalisation ne peut être exclue, bien que difficilement explicable localement et non documentée. Le statut variétal de la "Joubarbe d'Aywaille" est sans doute excessif car il repose essentiellement sur le critère géographique. Morphologiquement, rien ne distingue en effet le type aqualiense du type funckii et il peut donc être reversé en simple synonymie de celui-ci.
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Aire de Sempervivum funckii var. aqualiense |
A noter qu'il s'agit d'une plante légalement protégée dans son pays d'origine. Son site est d'ailleurs une réserve naturelle d'accès interdit au grand public.
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Sempervivum funckii var. aqualiense [in situ, La Heid-des-Gattes, photo E. Walravens] |
Le problème de la nature et des origines de Sempervivum funckii reste entier...
Ref. : 2x - 23/03/2007