Sempervivum tectorum L.

"tectorum" : "des toits" ; référence à la culture et naturalisation fréquente de la plante sur ceux-ci.

Phylum : Angiospermae

Classe : Dicotyledonae

Famille : Crassulaceae

Genre : Sempervivum L.

Sous-genre : Sempervivum

(1): Sempervivum tectorum L., Species Plantarum, ed. 1, 1: 464 (1753) ; [ed. 2, 1: 664 (1762)]

Syn. :

Sempervivum rupestre Rouy & E.G.Camus

Sempervivum tectorum subsp. rupestre Rouy & E.G.Camus

Sedum tectorum (L.) Scop.

Sempervivum albidum C.B.Lehm. & Schnittsp.

Sempervivum aureggii Lurani ex Correvon

Sempervivum majus Necker

Diagnose originale :

SEMPERVIVUM foliis ciliatis, propaginibus patentibus.

Habitat in Europae tectis et collibus. [perenne]

{ed. 1 & ed. 2}

Type : (anonymus), s.n., s.a. ; LINN.

2n = 72

Origine : Pyrénées, Cordillères catalanes, Massif Central (sauf NW), Alpes, Jura, Apennins, Mts de Slovénie ; nombreux sites de naturalisations à partir de culture.

Sempervivum tectorum

Aire naturelle de Sempervivum tectorum

bleu : subsp. boutignyanum

mauve : subsp. arvernense

bronze : subsp. decoloratum

rouge : subsp. tectorum

violet : subsp. italicum

Sempervivum tectorum L., la "Joubarbe des toits", est une espèce bien connue, sûrement la plus connue. Elle est fréquente en culture comme dans la nature et représente une plante médicinale d'usage très répandu et fort ancien. Elle a, depuis toujours, été associée à des croyances magiques et si une plante justifie du nom de "Joubarbe" c'est bien elle. Sempervivum tectorum c'est donc "LA" Joubarbe.

Ecologiquement, Sempervivum tectorum présente une amplitude altitudinale considérable, mais sa diffusion maximale se situe à une altitude un peu inférieure à celles des autres espèces présentes dans les mêmes zones, Sempervivum tectorum étant surtout présent à l'étage montagnard. Il forme constamment des hybrides naturels avec les espèces avec lesquelles il cohabite ou voisine, c.à.d. avec Sempervivum arachnoideum L., Sempervivum montanum L., Sempervivum grandiflorum Haw., Sempervivum wulfenii Hoppe ex Mertens & W.D.J.Koch.

A noter que Sempervivum tectorum est souvent plus fréquent en pelouses sèches qu'en habitat rupestre. En raisonnant globalement, au niveau de l'espèce générale, Sempervivum tectorum est indifférent à la nature chimique du substrat. Cependant, à l'échelle subspécifique, certaines de ses formes et populations sont localement strictement inféodées à un type de sol.

Il s'agit certainement de l'espèce dont l'aire naturelle est la plus vaste, bien que Sempervivum tectorum ne soit pas pour autant partout la plus fréquente des Joubarbes à l'intérieur de son aire, contrairement à ce que son extrême banalité en culture pourrait le laisser croire. Les limites orientales de cette vaste aire naturelle sont assez incertaines, du fait des confusions avec Sempervivum marmoreum Griseb. et aff. La littérature, surtout ancienne, est d'ailleurs assez floue au sujet de Sempervivum tectorum car y sont souvent intégrés à tort Sempervivum marmoreum Griseb., Sempervivum calcareum Jord., Sempervivum caucasicum Ruprecht ex Boiss., (etc?), alors qu'en sont souvent exclus toute une foule de micro-taxa aujourd'hui négligés et dont la liste remplirait une encyclopédie... De même, l'appellation Sempervivum tectorum a autrefois souvent été réservée à la seule plante cultivée-naturalisée et à étamines monstrueuses (Sempervivum murale Boreau), les plantes sauvages recevant alors des appellations aussi diverses que les auteurs concernés... Bref, on se perd facilement dans l'abondante et confuse nomenclature du groupe de Sempervivum tectorum, vaste espèce collective qu'il est bien difficile de considérer comme unitaire mais qu'il est tout aussi difficile de subdiviser de manière rigoureuse...

Très variable, ce taxon est en fait un agrégat constitué d'une multitude de formes géographiques plus ou moins bien individualisées et reliées entre elles par de multiples formes intermédiaires. Bien que la plupart des conceptions modernes négligent totalement l'ancienne nomenclature pulvérisée de ce groupe, il est cependant possible et nécessaire d'individualiser chez Sempervivum tectorum quelques grands Types morphogéographiques. Il faut cependant garder à l'esprit que ces subdivisions sont essentiellement une commodité nomenclaturale car elles restent pour la plupart assez artificielles, étant assez difficiles à définir sans tenir compte du critère géographique, et, surtout, elles sont peu homogènes et présentent le plus souvent entre elles un continuum :

Sempervivum tectorum

........... subsp. tectorum

Groupe représenté par les plantes des Alpes, grandes plantes en général.

........... subsp. arvernense

Groupe représenté par les populations du Massif Central. Plantes strictement silicicoles. Rosettes moyennes aux feuilles souvent pileuses, bien colorées et à carène souvent bien marquée. Groupe parfaitement défini géographiquement mais non totalement homogène.

........... subsp. boutignyanum

Groupe représenté par les populations pyrénéennes. Plantes moyennes à petites, souvent bien colorées, parfois discrètement pileuses. Ce groupe est très caractérisé en Catalogne où ces plantes présentent une succulence très marquée.

........... subsp. decoloratum

Groupe représenté par les populations du Jura. Grandes à très grandes plantes habituellement très pâles et souvent aux belles nuances rose-violacé. Stolons rares.

........... subsp. italicum

Groupe représenté par les populations de l'Apennin central et méridional. Plantes aux feuilles souvent nettement pileuses-glanduleuses et aux stolons plutôt longs.

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Hybrides :

Sempervivum ×hayekii G.D.Rowley (grandiflorum × tectorum)

Sempervivum ×piliferum Jord. (arachnoideum × tectorum)

Sempervivum ×schottii C.B.Lehm. & Schnittsp. (montanum × tectorum)

Sempervivum ×schottii n-var. adenotrichum (Burnat) --- (montanum subsp. montanum var. burnatii × tectorum)

Sempervivum ×widderi C.B.Lehm. & Schnittsp. (tectorum × wulfenii)

Ref. : 5m - 23/03/2007