Sempervivophilia ( Menu français )

Avant-propos
Caractères généraux
A propos de la nomenclature
Ethnobotanique
Aspects biochimiques
Analyse statique des constituants
Le CAM
Analyse dynamique des constituants
Physiologie et culture
Origine des plantes en culture
Exigences d'environnement
Problèmes
Distribution et particularités locales
Plantes et stations d'intérêt particulier
Annexes
 
Sempervivophilia

 English text
 Deutscher Text
 Texto español
 Testo italiano

Aspects biochimiques > Analyse dynamique des constituants

Analyse dynamique des constituants

L'analyse statique des constituants des Joubarbes est instructive mais les variations, cycliques ou non, de certains de ceux-ci présentent également un grand intérêt :


 Sommaire :

1. Acides organiques

1.1. Cycle nycthemeral

1.2. Cycle annuel


1. Acides organiques

1.1. Cycle nycthemeral

On a vu que le métabolisme de type CAM repose essentiellement sur le stockage du CO2 sous forme d'acides organiques : acide malique et isocitrique. Normalement, la concentration de ces acides devrait donc varier au cours du nycthémère et refléter en cela la dissociation temporelle entre la fixation du CO2 et la photosynthèse. Les mesures effectuées viennent confirmer la théorie, et donc que les Joubarbes sont bien des plantes de type CAM :

- Variation nycthémérale de l'acidité globale -

Graphique extrait de l'article de Carver K.A. & Earnshaw M.J.; Succulent Plant Physiology in the Pyrénées, in Quarterly Bulletin of the Alpine Garden Society 53 : 306-312 (1985)

Les données de ce graphique sont constituées de mesures effectuées in situ dans les Pyrénées sur S. montanum, début d'août, en conditions sèches. Seule l'acidité globale (en µicroéquivalents/grammes) a été mesurée, donc sans distinction des divers composants responsables de celle-ci.

On constate :
une chute rapide et régulière de l'acidité totale en matinée dès que la luminosité devient suffisante pour permettre la photosynthèse. Les acides organiques sont donc dissociés et fournissent du CO2 endogène à la photosynthèse. Durant la nuit l'acidité remonte régulièrement, témoignant de la captation du CO2 atmosphérique et de sa fixation sous forme d'acides organiques. [ N.B. : l'irrégularité de la courbe en soirée s'explique par une variation passagère de la luminosité naturelle à ce moment-là du jour de la mesure ]

1.2. Cycle annuel

La variation nycthémérale ne résume pas à elle seule la variation cyclique des acides organiques chez Sempervivum. En effet l'étude de la concentration de ces substances au cours de l'année montre également une nette périodicité. Les courbes suivantes résument ces variations chez S. tectorum, en condition de culture. A noter que les prélèvements effectués à heure fixe (11 h.) permettent d'éliminer les variations nycthémérales relatives des divers métabolites, et que si l'on se réfère à la courbe précédente cette heure de prélèvement correspond grosso modo à un taux moyen-supérieur pour l'acidité totale au cours de la journée :

- Variation annuelle des acides organiques -

Graphique extrait de l'article de Kull U., Die Jahresperiodik einiger nichtflüchtiger Carbonsäuren in S. tectorum, in Planta, Berlin, 79 : 299-311 (1968)

On constate que :

- Les sels d'acides organiques représentent à certaines périodes jusqu'à 15% du poids en matière sèche des feuilles, ce qui est élevé.

- Le composé prédominant tout au long de l'année est l'acide isocitrique (jusqu'à 73% du total en juin), l'acide malique ne venant qu'en seconde position.

- L'acide isocitrique, prédominant, est également le composé présentant les plus grandes variations en valeurs absolues et en valeurs relatives.

- La prédominance de l'acide isocitrique fait que la variation annuelle des acides totaux est superposable à la seule variation annuelle de l'acide isocitrique.

- Le cycle annuel de l'acide isocitrique passe par 2 maxima en décembre et Juin (p = 6 mois) et deux minima intercalés en Février et Août (p = 6 mois également).

- Le taux de l'acide malique passe par un seul maximum annuel qui est à-peu-près contemporain du taux minimal annuel en acide isocitrique.

Discussion :

Il est intéressant de faire le rapprochement de certaines de ces données biochimiques avec les données phénologiques.

Comme on l'a vu par ailleurs, le point d'inflexion minimal de l'isocitrate en février correspond exactement au redémarrage naturel de la végétation de ces plantes, qui s'accélère ensuite progressivement jusqu'au début juillet, période marquée par les floraisons et l'entrée en semi-repos estival, puis discret et bref redémarrage de végétation courant septembre et entrée progressive dans le semi-repos hivernal.

Si la première phase ascendante/descendante de l'isocitrate paraît donc être un marqueur fidèle de la phase principale de croissance et d'anabolisme et du semi-repos qui lui fait suite (ce qui est logique vu la relation de ce composé avec le CAM) il n'en va pas de même pour le décalage de la seconde phase ascendante avec la croissance. Cette phase tardive est plus délicate à interpréter mais pourrait être le témoin d'une phase d'activité métabolique intense s'exprimant plus par la croissance du système racinaire et le stockage des produits issus de la photosynthèse dans celui-ci, que par la croissance végétative de la rosette. Cependant, le pic se prolonge à une période où la photosynthèse est bien peu active (mais n'oublions pas qu'il s'agit là de mesures sur des plantes en conditions de culture). A l'appui de cette interprétation notons qu'on constate que la reprise et l'enracinement des rosettes de Joubarbes sont souvent beaucoup plus rapides et aisés une fois l'été bien avancé qu'au printemps, et il est peut-être possible d'établir un parallèle entre cette constatation et l'aspect de cette courbe.

 

VOS AJOUTS ET COMMENTAIRES A PROPOS DE CETTE PAGE :

(pas encore de commentaires pour cette page)
   Ajouter un commentaire
Votre nom ou pseudo :  (facultatif)

 

 Accueil      Livre d'Or

Contact  Sempervivophilia (2017) - Tous droits réservés.