Sempervivophilia ( Menu français )

Avant-propos
Caractères généraux
Définitions et classification
Morphologie
Distribution et chorologie
Origines du genre
Ecologie
Variation et polymorphisme
A propos de la nomenclature
Ethnobotanique
Aspects biochimiques
Physiologie et culture
Origine des plantes en culture
Exigences d'environnement
Problèmes
Distribution et particularités locales
Plantes et stations d'intérêt particulier
Annexes
 
Sempervivophilia

 English text
 Deutscher Text
 Texto español
 Testo italiano

Caractères généraux > Définitions et classification

Définitions et Classification

Comment situer le genre Sempervivum dans l'arbre de la vie, d'où vient ce nom, comment le définir ?


 Sommaire :

1. Place du genre Sempervivum dans les systèmes globaux

1.1. Classification hiérarchisée

1.2. Classification interne des Crassulaceae

1.2.1. Classification de Berger, 1930

1.2.2. Classification de 't Hart, 1995

2. Etymologie des noms génériques

2.1. Sempervivum

2.2. Jovibarba

2.3. Diopogon

2.4. Remarques à propos de ces appellations

3. Définition originelle

4. Définition détaillée


1. Place du genre Sempervivum dans les systèmes globaux

La hiérarchisation globale de la nomenclature est un domaine en perpétuel remaniement et qui est encore loin d'être consensuel... La plupart de ces classifications, même les plus modernes, présentent des aspects artificiels, et ceux-ci sont d'autant plus importants que l'on remonte dans l'échelle de leurs niveaux. Les classifications sont nombreuses, diverses voire divergentes et pas toujours aisées à mettre en parallèle.

On ne détaillera donc pas ici les différents systèmes globaux en usage et on se contentera simplement d'y préciser de manière générale la place de Sempervivum.

1.1. Classification hiérarchisée

Le genre Sempervivum L., s'intègre de la manière suivante dans les systèmes habituellement adoptés pour la classification hiérarchisée des organismes végétaux :

(1a) Embranchement (ou Phylum) des Spermatophyta (Spermaphytes) :
Groupe des plantes à graines.

* Sous-Embranchement (ou Subphylum) des Angiospermophytina (Angiospermes) :
Groupe des plantes à fleurs vraies.

ou (suivant le système adopté) :

(1b) Embranchement des Magnoliophyta (Angiospermes)

 ---------------------------

(2a) Classe des Dicotyledonatae (Dicotylédones) :
Groupe des plantes à deux cotylédons, et avec présence de formations secondaires.

ou (suivant le système adopté) :

(2b) Classe des Magnoliopsidea (Dicotylédones)

 ---------------------------

(3a) Sous-Classe des Rosidae (Rosidées) :
Groupe hétérogène de plantes dialypétales.

ou (suivant le système adopté) :

(3b) Sous-Classe des Dialypetalidae (Dialypétales) :
Groupe très artificiel de plantes à pétales indépendants.

* Série des Caliciflores :
Groupe de plantes présentant une jonction des bases du calice et de l'androcée simulant une insertion des pièces florales sur le calice.

 ---------------------------

(4) Ordre des Rosales :
Vaste groupe assez mal limité, un peu "fourre-tout", formant un continuum de plantes à cycles floraux verticillés.

 ---------------------------

(5) Famille des Crassulaceae DC. (Crassulacées) :

Groupe de plantes dialycarpellées, à "cycle" nectarien généralement bien marqué, de formule régulière nS + nP + nE + (nE) + (n"N") + nC. Plantes le plus souvent succulentes xérophiles, à succulence essentiellement foliaire. Présente en Europe, Asie, Amérique, absente d'Océanie, cette famille est représentée dans les deux hémisphères, essentiellement dans les zones tropicales sèches. Elle présente une certaine parenté avec les Saxifragaceae. Le nombre chromosomique de base des Crassulaceae serait x = 9 . Les limites de cette famille ont été très peu remises en cause depuis sa définition par De Candolle et on peut vraisemblablement la considérer comme un authentique groupe naturel probablement monophylétique. Sa classification interne est par contre beaucoup plus floue et subjective...

 ---------------------------

(6a) Sous-Famille des Sempervivoideae A. Berger (Sempervivoïdées) :

Groupe de Crassulaceae à fleurs obdiplostémones polymères. La sous-famille est constituée des genres :

Aeonium Webb & Berth.
Aichryson Webb. & Berth.
Greenovia Webb
Monanthes Haworth
Sempervivum L. sensu stricto
Jovibarba Opiz (syn. Diopogon Jord. & Four.)

Jovibarba est très souvent considéré comme inclus dans le genre Sempervivum L. sensu lato, bien que sa relative hexamèrie ne corresponde pas exactement à la définition de la sous-famille. Son étroite parenté, voire son identité, avec Sempervivum ne fait cependant pas de doute, comme on le verra par ailleurs.

N.B. : 6 sous-familles sont traditionnellement reconnues parmi les Crassulaceae (classification de Berger A. 1930 ; voir plus bas).

 

ou (suivant le système adopté) :

 

(6b) Sous-Famille des Sedoideae Berger emend. t'Hart

* Tribu des Sedeae t'Hart

* Sous-Tribu des Sedinae t'Hart

* Groupe ß1 (Leucosedum-Aeonium-Sempervivum) t'Hart

Ce groupe est constitué des genres :

Aeonium Webb & Berth. (incl. Greenovia Webb)
Afrovivella Berger
Aichryson Webb & Berth.
Dudleya Britt. & Rose
Monanthes Haworth
Pistorinia DC.
Prometheum (Berger) Ohba
Rosularia (DC.) Stapf
Sedum L. pro parte
Sempervivella Stapf
Sempervivum L. (incl. Jovibarba Opiz)

1.2. Classification interne des Crassulaceae

1.2.1. Classification de Berger, 1930

Bien qu'ancienne et assez artificielle cette classification reste encore la plus largement utilisée à ce jour, car elle reste la plus intuitive et la plus simple d'emploi. Elle remplit donc son rôle d'outil sinon parfaitement du moins de manière plus satisfaisante que des classifications se voulant plus naturelles...

 Sous-famille des Sedoideae

Groupe de Crassulaceae aux fleurs à corolle pentamère obdiplostémone dialypétale.

Graptopetalum filiferum (sous-famille des Sedoideae)

La fleur-type des Sedoideae constitue également la fleur-type des Crassulaceae. Cette sous-famille est essentiellement représentée par l'immense genre cosmopolite Sedum, genre inhomogène et autour duquel gravitent de multiples petits genres apparentés, comme celui-ci.
[en culture]

A noter que certains membres des Sedoideae dérogent à la pentamérie générale de la sous-famille (en présentant parfois une tétramérie ou une polymérie) voire présentent une dioécie.

 Sous-famille des Echeverioideae

Groupe de Crassulaceae aux fleurs à corolle ± campaniforme sympétale.

Echeveria runyonii (sous-famille des Echeverioideae)

Le caractère scorpioïde des rameaux inflorescentiels est ici très net, mais il l'est beaucoup moins voire est absent chez d'autres espèces de ce genre qui fleurissent en grappe.
[en culture]

Les Echeverioideae constitue un groupe de plantes exclusivement centre-américaines qui sont en fait peu distinctes des Sedoideae et la transition est continue entre les deux groupes.

 Sous-famille des Crassuloideae

Groupe de Crassulaceae aux fleurs à corolle pentamère haplostémone.

Crassula portulacea (sous-famille des Crassuloideae)

L'aspect végétatif des Crassuloideae est extrêmement variable, allant du sous-arbrisseau à feuilles opposées-décussées jusqu'à la rosette acaule stolonifère à phyllotaxie hélicoïdale. Par contre, leurs fleurs sont beaucoup plus homogènes d'aspect et le plus souvent de petite taille, leur coloris allant du blanc pur au rouge vif.
[en culture]

 Sous-famille des Kalanchoideae

Groupe de Crassulaceae aux fleurs à corolle tétramère sympétale.

Kalanchoe pumila (sous-famille des Kalanchoideae)

Ce groupe d'espèces africaines paraît assez homogène et représente sans doute un groupe naturel. La production de propagules sur les marges foliaires est assez commune dans ce groupe (genre Bryophyllum).
[en culture]

 Sous-famille des Cotyledonoideae

Groupe de Crassulaceae aux fleurs à corolle pentamère campaniforme sympétale.

Cotyledon orbiculata (sous-famille des Cotyledonoideae)

La sympétalie est très marquée dans ce groupe quelque peu hétérogène et probablement artificiel, avec d'une part des espèces sud-africaines (comme celle-ci) et d'autre part des espèces eurasiatiques dont les rapports ne sont sans doute que de l'ordre de la convergence.
[en culture]

 Sous-famille des Sempervivoideae

Groupe de Crassulaceae aux fleurs à corolle obdiplostémone polymère.

Aeonium cuneatum (sous-famille des Sempervivoideae)

Chez cette espèce macaronésienne les fleurs obdiplostémones polymères sont disposées en inflorescence à rameaux scorpioïdes et l'aspect général de l'inflorescence est très proche de celui d'une inflorescence de Sempervivum à fleur jaune.
[en culture]

________________

Les limites réelles de ces six sous-familles sont en fait assez floues car de nombreux genres présentent des caractères intermédiaires et sont difficilement classables.

Ces sous-familles sont donc plus des commodités de classification que des groupes naturels. Les moins artificiels de ces six groupes sont probablement les Sempervivoideae (bien que leur différenciation d'avec certains Sedoideae soit assez artificielle), les Kalanchoideae et surtout les Crassuloideae. Les Cotyledonoideae et les Echeverioideae ne sont probablement qu'une vue de l'esprit et leur individualisation est très douteuse. Quant aux Sedoideae, c'est un groupe complexe et inhomogène, sans doute polyphylétique, comme l'est son principal représentant, le vaste genre Sedum.

C'est pour corriger les aspects artificiels de la classification traditionnelle de Berger qu'ont été publiées des classifications se voulant plus naturelles, telle celle de t'Hart.

1.2.2. Classification de 't Hart, 1995

Cette classification moderne des Crassulaceae par t'Hart [ in t'Hart & Eggli, Evolution and Systematics of the Crassulaceae (1995) ] se veut plus naturelle que celle de Berger, car reposant essentiellement sur des données de biosystématique. Elle ne comprend plus que deux sous-familles, les Sedoideae et les Crassuloideae (au lieu de 6 dans la classification de Berger). Cependant, celle des Sedoideae est subdivisée de nouveau sur trois niveaux inférieurs (tribus, sous-tribus et groupes de rang précis non défini) :

subfam. Crassuloideae

subfam. Sedoideae...

tribus Kalanchoeae

tribus Sedeae...

subtribus Telephiinae

subtribus Sedinae...

* ß1 (Leucosedum-Aeonium-Sempervivum)

* ß2 (Acre)

2. Etymologie des noms génériques

Dans les documents post-linnéens, les Joubarbes (Sempervivum & Jovibarba) peuvent se trouver désignées par trois appellations génériques :

Sempervivum, Jovibarba, Diopogon.

2.1. Sempervivum

'Sempervivum' = 'toujours vivant, éternel' en Latin. C'est un substantif neutre dérivé de l'adjectif sempervivus ( ...vum au neutre) lui-même formé à partir des racines classiques 'semper' = 'toujours' et 'vivere' = 'vivre.

On peut lire dans de multiples ouvrages que cette plante a été nommée ainsi car les exemplaires placés en séchage sous presse, préalablement à leur mise en herbier, restent longtemps vivants et peuvent continuer à croître en ces conditions. Bien qu'apparemment plausible cette explication s'avère inexacte. En effet, Palladius, agronome romain du 4ème siècle apr. JC., désignait déjà la plante sous ce nom ! En fait "Sempervivum" semble n'être à l'origine que la traduction littérale en latin du mot grec aeizoon, déjà mentionné par Théophraste et bien d'autres auteurs classiques pour désigner ces plantes ou des plantes voisines.

Notons que cette appellation qui fait allusion au caractère persistant et au naturel robuste et tenace de la plante, paraît cependant quelque peu inapproprié pour une plante monocarpique !

Sempervivum montanum subsp. stiriacum

Sempervivum montanum est l'un des binômes fixés par Linné et toujours en usage à ce jour. La nomenclature s'est bien sûr quelque peu compliquée depuis Linné et ce genre linnéen a été subdivisé en quelques sous-espèces dont celle-ci, qui est une belle Joubarbe des Alpes orientales, commune sur substrat silicaté.
[in situ / Katschberg 1900 m, 98B21]

Jusqu'à Linné, le terme Sempervivum resta assez peu employé et ces plantes étaient le plus souvent désignées par le terme Sedum, qui englobait indifféremment Sedum au sens moderne et Sempervivum, voire d'autres plantes plus ou moins succulentes telles que certains saxifrages ou autres. Linné n'est pas le créateur du terme Sempervivum mais il lui revient d'en avoir fixé les limites d'application, limites qui se rétréciront ensuite après lui.

Grammaticalement, Sempervivum étant un mot neutre en Latin il est donc masculin en Français. On doit donc dire un sempervivum.

2.2. Jovibarba

'Jovibarba' = 'barbe de Jupiter' en Latin.

Il s'agit d'une forme contractée de 'Jovisbarba', cette dernière orthographe n'étant en général utilisée que pour désigner le rang de section (DC.), mais il a régné au départ un certain flou entre les deux orthographes. Ce terme est formé du latin 'barba' = 'barbe' et 'Jovis' = 'de Jupiter' (forme génitive). Cette appellation, en un ou deux mots, est également fort ancienne puisque déjà utilisée dans le bas-latin de l'époque carolingienne. Ainsi, elle se retrouve dans le Capitulaire de Villis, où elle ne désigne bien sûr pas le genre Jovibarba au sens moderne mais les Joubarbes en général.

Jovibarba globifera subsp. glabrescens
(Sempervivum globiferum subsp. glabrescens)

Une Joubarbe carpatique rattachée à Jovibarba Opiz, et plus précisément au groupe de Sempervivum hirtum L. (Jovibarba hirta (L.) Opiz).

[in situ / Kostelec 150 m, 00B02]

Après De Candolle, Opiz reprendra ce terme en lui donnant le rang de genre en 1852, tout en lui donnant une signification plus étroite par rapport au sens très large de De Candolle qui regroupait sous cette appellation toutes les Joubarbes continentales par opposition aux groupe macaronésien.

Grammaticalement, Jovibarba est un mot féminin, en Latin comme en Français. On doit donc dire une jovibarba.

2.3. Diopogon

'Diopogon' = 'barbe de Jupiter', du grec 'Dios' (forme génitive de 'Zeus') et 'pogon' = 'barbe'.

L'origine de ce terme paraît par contre être uniquement moderne, datant de 1868, et consiste en une simple hellénisation de la forme précédente (Jovi(s)barba). Nous la devons à Alexis Jordan, célèbre botaniste lyonnais du siècle dernier ayant toujours eu de grosses difficultés à utiliser des appellations autres que les siennes propres...

Diopogon stramineus

Un binôme jordanien s'appliquant à une Jovibarba actuellement reversée dans Sempervivum heuffelii Schott (syn. Diopogon heuffelii (Schott) Huber / Jovibarba heuffelii (Schott) Löve).

[Jord. & Fourr., Ic. ad Fl. Europ. 1868]

Grammaticalement, Diopogon est un mot masculin, en Latin comme en Français. On doit donc dire un diopogon.

2.4. Remarques à propos de ces appellations

Les deux dernières appellations, Jovibarba et Diopogon, qui font référence à Jupiter, et en cela à l'association de ces plantes à la foudre dans les anciennes croyances populaires, sont donc non seulement des synonymes stricts du point de vue nomenclatural mais également du point de vue sémantique.

Cependant, du point de vue de la préséance nomenclaturale, une querelle subsiste au sujet de la priorité respective de Diopogon et de Jovibarba comme appellations génériques. [ voir à ce sujet : Zonneveld B.J.M., in Houslekes, 13(1): 27-28 (1982) et Eggli U. & Nyffeler R., in Bot Helv., 102 : 171-173 (1992) ]

Le genre Jovibarba a été publié le premier en 1852 par Opiz, mais son auteur ayant commis une erreur dans la numérotation du renvoi à une description de référence, certains voient là une raison suffisante pour invalider l'appellation au profit de Diopogon, publié plus tardivement, en 1868 par Jordan & Fourreau, mais cette fois de manière parfaitement légitime. D'autres assimilent cette erreur à une simple coquille d'imprimerie ou à un lapsus sans conséquence. Les deux points de vue sont défendables et relèvent plus de l'exégèse des articles du Code de Nomenclature Botanique que de leur simple application...

En fait, peu importe la valeur des arguments respectifs, c'est l'usage qui doit primer et trancher ce vieux débat. Or, on constate qu'une majorité d'ouvrages de références et de travaux modernes adopte le terme Jovibarba reléguant Diopogon au rang de simple synonyme. Les auteurs modernes utilisant Diopogon sont très minoritaires (Leute, Jacobsen,...). Il suffit donc d'en prendre acte.

Rappelons également, pour terminer, que l'individualisation de Jovibarba/Diopogon à partir de Sempervivum, en tant que genre distinct, n'est toujours pas consensuelle. (voir : A propos de Jovibarba)

____

Pour l'étymologie des épithètes spécifiques, voir l'Explorateur Nomenclatural, où celle-ci est indiquée, quand elle est connue ou interprétable.

Pour les appellations vernaculaires et anciennes de ces plantes voir par ailleurs.

3. Définition originelle

Les critères fondant le genre Sempervivum ont, comme pour de nombreux autres genres, été initialement sinon définis du moins fixés par Carl Linné. Le genre Sempervivum a été initialement publié dans dans la première édition de Species Plantarum (1753) puis décrit dans Genera Plantarum ed. 5 (1754)

Voici le fac-similé de la description originelle du Genera Plantarum et sa traduction :


Carl Linné
(1707-1778)

 ___________________________

Carolus Linnaeus, Genera Plantarum, édition V (1754) :

DODECANDRIA POLYGYNIA

5. POLYGYNIA

538. SEMPERVIVUM * Sedi Species Tournef.

140. C.E.I.

Cal. Perianthum duodecim-partitum, concavum, acutum, persistens.

Cor. Petala duodecim, oblonga, lanceolata, acuta, concava, calyce paulo majora.

Stam. Filamenta duodecim, subulato-tenuia. Antherae subrotundae.

Pist. Germina duodecim, in orbem posita, erecta, desinentia in Stylos totidem, patentes. Stigmata acuta.

Per. Capsulae duodecim, oblongae, compressae, breves, in orbem positae, extrorsum acuminatae, introrsum dehiscentes.

Sem. plura, subrotunda, parva.

Obs. Numerus saepius luxurians major evadit, praesertim in partibus femininis.

 ____________________

Sempervivum Linnaeus (syn. : Sedum sp. sensu Tournefort) :

Calice : périanthe à douze divisions, concaves, pointues, persistantes.

Corolle : douze pétales oblongs, lancéolés, pointus, concaves, à peine plus grands que le calice.

Etamines : douze, à filets finement subulés, anthères subarrondies.

Gynécée : douze carpelles disposés en cercle, érigés, terminés en autant de styles divergents. Stigmates pointus.

Fruit : douze capsules oblongues, comprimées, courtes, disposées en cercle, acuminées vers l'extérieur, déhiscentes vers l'intérieur.

Graines : multiples, subarrondies, petites.

Obs : le nombre de divisions diffère plus souvent dans le sens de l'augmentation, surtout pour les parties femelles.

 

Remarque : cette définition originelle est basée, suivant le postulat linnéen, sur les seuls caractères floraux et essentiellement sur leur nombre (rappelons que pour Linné les caractères prépondérants fondant un genre étaient ceux des étamines). Elle est donc tout à la fois trop large et trop étroite. En effet, le nombre de pièces des verticilles floraux fixé à douze (ce qui ne correspond qu'à une moyenne grossière et variable, ce que Linné admet en remarque) exclurait les taxons hexamères (Jovibarba), et l'absence totale de prise en compte des caractères morphologiques végétatifs inclue de fait les taxons macaronésiens (Aeonium et aff.) dans le genre Sempervivum. Or, l'examen des caractères végétatifs et des aires de répartition porterait plutôt à effectuer exactement l'inverse, c'est-à-dire à exclure du genre Sempervivum les taxons macaronésiens. En effet, ces derniers sont géographiquement très bien isolés, souvent suffrutescents voire semi-ligneux, parfois annuels, et au rythme de croissance particulier. De même, caractères végétatifs, phénologie, écologie et distribution porteraient à ne considérer le genre Jovibarba Opiz, que comme une simple subdivision du genre Sempervivum, subdivision essentiellement caractérisée par ses fleurs hexamères campaniformes. C'est ce point de vue uniciste qui a été adopté dans le présent document, qui appliquera au genre Sempervivum la définition détaillée suivante :

4. Définition détaillée

Sempervivum L. :
(incl. Jovibarba Opiz, excl. Aeonium Webb. & Berth. et aff.)

- Plante vivace persistante.

- Stade végétatif en rosette de feuilles alternes simples, sessiles à base d'insertion large, charnues, succulentes, non nervurées, persistantes après leur dessèchement. Rosette formant, pendant son seul stade végétatif, des rejets axillaires portés par des stolons horizontaux de longueur très variable, généralement beaucoup plus minces que l'axe principal, aphylles ou à folioles très réduites se desséchant précocement mais ensuite longtemps persistantes. Rejets parfois sessiles et para-apicaux, ou constitués de stolons capillaires portant des rosettes-propagules caduques (sous-genre Jovibarba). Rosette végétative de taille modeste à petite, pratiquement acaule.

- Pilosité variable, très souvent glanduleuse, maximale sur les éléments de l'inflorescence. Marges foliaires souvent ciliées, indépendamment de la pilosité faciale, cils pouvant présenter une consistance cornée, plus rarement glanduleux.

- Racines fasciculées, avec des racines principales différenciées multiples, généralement charnues, verticales, s'enfonçant profondément dans le substrat, et des racines secondaires latérales fibreuses et s'étendant peu.

- Rosette individuelle monocarpique à l'issue d'un cycle pluriannuel. Tige florale terminale, allongée, plus ou moins densément feuillue sur toute sa hauteur, simple ou peu ramifiée sous l'inflorescence. Feuilles caulinaires morphologiquement proches des feuilles rosulantes, largement implantées et parfois semi-amplexicaules. Inflorescence terminale définie, en cyme de rameaux scorpioïdes divergents, parfois bipares à leur base. Fleurs et rameaux souvent très décalés par rapport à leurs bractées axillantes. Pédicelles floraux inconstants car plus ou moins décurrents et décroissants de la base vers l'extrémité des rameaux.

- Fleur hypogyne obdiplostémone actinomorphe (campanulée dans le sous-genre Jovibarba), à symétrie rotacée mais parfois un peu compressée latéralement, généralement très polymère (m = 6 à 20, avec possibilité de légère variation dans une même espèce et sur un même individu) à cycles réguliers (m x S / m x P/ 2m x E / m x "N" / m x C), hexamère ou parfois heptamère chez Jovibarba. Sépales lancéolés nettement soudés par leurs bases et formant un réceptacle, persistants lors de la fructification. Pétales blanchâtres, jaunâtres, ou rougeâtres plus ou moins pourpré, avec souvent une bande médiane plus foncée, discrètement reliés par leurs bases, lancéolés, plus ou moins ciliés, parfois fimbriés (sous-genre Jovibarba), dos et marges souvent pileux-glanduleux. Filets staminaux triangulaires-allongés de section souvent comprimée vers leur base. Anthères arrondies-ovoïdes parfois mucronées, liées au filet par leur base. Base de l'étamine ordinairement soudée au pétale. Squame nectarifère de petite taille à la base de chaque carpelle (écaille hypogyne). Carpelles uniloculaires disposés en un unique verticille, indépendants et plus ou moins divergents, style simple et distinct, stigmate simple peu différencié. Fruit sec très polysperme en follicule déhiscent par sa suture interne.

- Graine très petite et suballongée, de couleur chamois clair à brun foncé, jamais noire.

- Polyploïdie fréquente, x = 16 à 21, 2n = 32 à 108 (2n = 38 chez Jovibarba).

_______________________________________

On constate qu'il est aisé de définir le genre Sempervivum, et que sa définition est alors suffisamment précise et bien délimitée pour éviter toute ambiguïté ou incertitude. Effectivement, apprécier l'appartenance ou non d'un exemplaire ou d'un taxon donné à ce genre ne pose généralement aucun problème en pratique.

Ce fait est d'ailleurs assez rare dans la famille des Crassulaceae pour être souligné. Cette famille présente en effet beaucoup de genres aux limites très imprécises, du fait de l'existence de continuums avec de nombreuses formes de passage difficilement classables entre ces genres (par exemple, entre les genres Sedum, Echeveria, Cotyledon, etc., plus le peu homogène "fourre-tout" que représente l'immense genre Sedum ). Ce continuum entre certains genres de Crassulaceae a entraîné, aux marges des grands genres, la création de petits genres mono- ou oligotypes, dont l'individualité reste très discutable et discutée, mais surtout dont l'existence vient semer le doute sur la réalité en tant que groupes naturels de certains des grands genres dont ils sont issus, ainsi que sur l'éventuel caractère monophylétique de ceux-ci.

Il est donc intéressant de remarquer qu'aucun auteur, ancien ou moderne, même parmi les plus acharnés des "pulvériseurs" et "saucissonneurs", ne s'est risqué à scinder le genre Sempervivum ou à en séparer certains types marginaux, hormis bien sûr pour le groupe Jovibarba (Diopogon Jord. & Four. n'en est que le synonyme strict) que certains auteurs modernes considèrent comme un genre distinct : Jovibarba (DC. emend. Koch) Opiz.

Cependant, si le genre Sempervivum se présente comme un cadre taxinomique homogène et bien circonscrit, et représente donc très certainement un réel groupe naturel, il n'en va pas de même de la définition et de la délimitation des divers taxons spécifiques ou infraspécifiques qui le composent.

A la facilité et à la certitude de l'identification d'un spécimen d'étude au genre Sempervivum s'oppose donc la difficulté et l'incertitude de l'identification du même spécimen à l'un ou l'autre des Types spécifiques qui composent ce genre.

 

VOS AJOUTS ET COMMENTAIRES A PROPOS DE CETTE PAGE :


crorkservice (18/07/2014) :
5eg6PC Enjoyed every bit of your article post. Really Great.

crorkz (04/08/2014) :
T1Dphg I value the article post.Thanks Again. Awesome.

crorkz matz (05/08/2014) :
FqmxYg Major thanks for the article.Thanks Again. Fantastic.

crork matt (07/03/2015) :
abIIM1 I just couldn't go away your website before suggesting that I extremely enjoyed the
usual info an individual provide to your guests? Is gonna be again ceaselessly to inspect
new posts

DonHoSidWfb (01/01/2016) :
WdxYd1

aBHPqqLCCYqObXVYZf (01/01/2016) :
GdfjRw

cocoservice (29/02/2016) :
NcLIxN This is a topic which is close to my heart Take care! Where are your contact
details though?

photo editor (06/04/2016) :
7dCe06 Wohh precisely what I was searching  for, thankyou for putting up.

big dildos (13/05/2016) :
I was recommended this web site by my cousin. I am not sure whether this post is written
by him as no one else know such detailed about my difficulty. You are wonderful! Thanks!

   Ajouter un commentaire
Votre nom ou pseudo :  (facultatif)

 

 Accueil      Livre d'Or

Contact  Sempervivophilia (2017) - Tous droits réservés.