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Exigences d'environnement > Apports minéraux

Apports minéraux

Les Joubarbes peuvent, dans la nature, donner l'impression de vivre de rien. Qu'en est-il vraiment, et quels sont leur besoins minéraux en culture ?


 Sommaire :

1. Nécessité des apports d'engrais

1.1. Culture hors-sol

1.2. Culture en pleine-terre

2. Résultats

3. Formulation en macro-éléments

4. Oligo-éléments

5. Le Magnésium


Tout d'abord rappelons que les "apports de sels minéraux" sont généralement désignés par "apports d'engrais", ce qui est un léger abus de langage puisqu'un engrais peut aussi être organique. Par simplicité, on utilisera cependant à la suite ces deux termes l'un pour l'autre.

1. Nécessité des apports d'engrais

S'il est vrai que les Joubarbes peuvent végéter très convenablement dans des conditions apparemment ascétiques, ce ne sont pas pour autant des plantes réellement frugales, contrairement à la réputation qui leur est souvent faite. D'ailleurs les milieux rocailleux et rocheux plus ou moins dégradés, qui sont souvent les leurs, sont des milieux certes initialement très pauvres en humus mais qui peuvent, suivant leur nature et leur degré d'altération, constituer un substrat assez riche voire très riche en divers éléments minéraux assimilables, bien que pas toujours très équilibré (en particulier carencé en substances azotées, et milieu à faible capacité d'échange et de rétention vu la difficulté de formations des complexes argilo-humiques en de tels sols).

La plus ou moins grande frugalité de ces plantes, et la nécessité ou non des apports nutritifs qui en découle, doivent bien sûr être nuancés suivant les espèces ou cultivars et suivant le but recherché.

On peut néanmoins retenir comme règle grossière que les sortes à grandes rosettes ont des besoins nutritifs généralement plus importants que les sortes à petites rosettes (rien de bien étonnant... ), et que les cultivars nécessitent souvent un substrat enrichi pour exprimer pleinement leurs particularités morphologiques et leur valeur ornementale, alors que de nombreuses espèces naturelles surnourries peuvent au contraire perdre l'aspect qu'elles présentent in situ et aller presque jusqu'à devenir méconnaissables.

1.1. Culture hors-sol

Si on garde les Joubarbes en pots, il est, sinon indispensable du moins très utile d'utiliser un peu d'engrais (préférentiellement de l'engrais soluble car beaucoup plus souple d'usage par l'amateur que les engrais de fond). Les apports fertilisants se feront essentiellement lors du démarrage de la végétation, au printemps, car les pluies d'automne et d'hiver auront alors complètement lessivé les maigres réserves du sol, surtout si les pots ont été laissés dehors tout l'hiver. Lors des rempotages, il est également possible d'adjoindre avec modération au compost un peu d'engrais à dégradation (solubilisation) et assimilation lente.

1.2. Culture en pleine-terre

Dans ce cas, les apports fertilisants ne semblent pas nécessaires, mais peuvent se révéler ponctuellement utiles suivant les conditions de culture, par exemple en cas de culture en poches entre blocs rocheux sans liaison directe avec le sol sous-jacent. En effet, même si dans leurs milieux naturels, les Joubarbes s'accommodent fort bien de tels sites et y prospèrent, il ne faut pas oublier que ces sites naturels ne subissent pas le lessivage intense et prolongé de leurs sels minéraux par les pluies hivernales, comme cela se produit en culture de plaine, l'essentiel des précipitations y tombant sous forme de neige qui s'y accumule peu et le sol restant physiologiquement sec jusqu'au printemps du fait de l'absence ou de la rareté du dégel.

2. Résultats

Les Joubarbes répondent fort bien, voire de manière spectaculaire, aux apports nutritifs et il ne faut pas perdre de l'esprit les effets pervers potentiels d'un excès de nourriture sur la montée à fleurs (cf. Cycle reproductif).

L'effet de ces apports est rapide et très visible sur l'aspect et la taille des rosettes. Il est également net, mais cependant beaucoup moins marqué, sur l'abondance des rejets produits ; pour avoir un effet maximal sur cette production, les apports devront être précoces, dès le réveil de la végétation soit à partir de la mi-février.

3. Formulation en macro-éléments

On utilisera un engrais complet équilibré quelconque (type "NPK"), ne privilégiant aucun élément par rapport à l'autre.

Les engrais complets type "Plantes vertes" (= à prédominance en substances azotées : "N") risque de modifier le port naturel de la plante : rosettes de plus grande taille, plus ouvertes, aux feuilles plus longues, coloris un peu moins marqués tirant vers le vert uniforme. Ce type de formulation est à réserver aux inconditionnels de l'esthétique "Laitue potagère"...

Les engrais complets type "Plantes à fleurs" et "Fruits-Légumes" (= à prédominance de sels d'acide phosphorique : "P" et/ou de potasse et sels de potassium : "K") sont potentiellement moins déformants car mieux équilibrés, mais peuvent éventuellement accentuer la tendance à monter à fleurs (cf. Cycle reproductif).

A noter que les engrais solubles (en poudre plus ou moins cristallisée) sont beaucoup moins coûteux que les engrais liquides et d'action tout aussi rapide (puisque solubles ! ).

Les petites différences de formulation et de dosage entre les divers produits commerciaux sont de peu d'incidence pratique, et leur destination proposée par l'emballage (tomates, rosiers, fraisiers, agrumes, géraniums, etc., etc. ) n'est, pour la majorité d'entre eux, qu'une volonté de subdivision artificielle du marché dans une optique de "marketing". On pourrait en effet se contenter de les classer en deux catégories suivant la nature de leurs composants : les formules plutôt acidifiantes d'une part et les formules neutres ou plutôt alcalinisantes d'autre part. Pour la culture de certains végétaux cela peut présenter quelque importance mais aucune dans le cas des Joubarbes. Il est également préférable d'éviter les formulations trop riches en chlorures, surtout pour fertiliser des plantes en pots. Malheureusement, la composition précise des formulations commerciales est rarement indiquée et se limite souvent à un sibyllin N...P...K...+MgO... A noter que les engrais "géraniums" sont généralement pauvres en chlore (et cela est souvent indiqué en clair sur l'emballage).

4. Oligo-éléments

La présence d'oligo-éléments (ou éléments-traces) variés dans les engrais commerciaux est intéressant en cas d'usage hors-sol et de rempotages rares. En culture de pleine-terre, cela est sans grande importance (sauf cas particuliers de certains sols spécifiquement carencés en certains éléments), et dans les deux cas cela n'est pas essentiel, car d'une part même les compositions commerciales qui ne le signalent pas en contiennent le plus souvent (leurs composants ne sont pas des produits chimiquement purs, loin s'en faut), et d'autre part il ne semble pas que les Joubarbes soient particulièrement sujettes à présenter des troubles métaboliques d'origine carentielle bien caractérisés.

A noter que les apports d'oligo-éléments ne sont pas toujours la solution aux carences en oligo-éléments ! En effet, les symptômes d'une carence en une substance quelconque ne sont pas nécessairement provoqués par un manque de cette substance dans le sol. Le plus souvent, il s'agit d'un "blocage" de cette substance par impossibilité de sa mise en solution, et ceci par des interactions chimiques souvent complexes (fréquent pour le Fer et le Manganèse par exemple). Il ne faut en effet pas oublier que la seule fraction d'un élément du sol qui compte pour la plante, c'est sa fraction en solution dans l'eau du sol, la seule qui soit absorbable par la plante. Les "blocages" peuvent aussi être provoqués par l'excès d'un autre ion chimiquement équivalent, qui sera absorbé prioritairement par la plante à la place de l'ion impliqué dans la carence, bien que ce dernier soit présent en quantité suffisante dans la solution du sol.

5. Le Magnésium

La magnésie (MgO), souvent présente dans les formulations commerciales, apporte cet élément essentiel, qui est à classer un peu à part, à mi-chemin entre macro-élément nécessaire à doses pondérables et oligo-élément dont la présence à l'état de traces suffit. Élément constitutif de la chlorophylle, sa présence dans une formulation d'engrais n'est jamais superflue, du fait de la fréquence des carences en Mg, surtout de certains sols acides sur roche-mère cristalline.

La carence en Magnésium s'exprime par un ralentissement de croissance avec apparition d'une chlorose foliaire, c.à.d. un jaunissement internervuraire du limbe, parfois suivi de taches nécrotiques. La chlorose magnésienne est plus ou moins marquée et d'aspect assez similaire à la chlorose ferrique si l'on ne considère qu'une feuille isolée, mais en diffère nettement par ses modalités de survenue :

1°) Elle apparaît sur tout type de végétaux, donc également sur des végétaux calcicoles et même souvent préférentiellement sur ceux-ci.

2°) Dans le cas d'un végétal caducifolié, le début de végétation se passe normalement, puis au fil de la croissance les feuilles les plus anciennes, initialement normalement pigmentées, chlorosent secondairement et tombent précocement, les jeunes feuilles restant vertes (le stock magnésique de la plante paraissant mobilisé au bénéfice des jeunes feuilles).

L'année suivante la même succession se renouvelle. Le retentissement sur la croissance est net, mais beaucoup moins qu'en cas de chlorose ferrique, du fait que, contrairement à celle-ci, il n'y a pas arrêt ou forte diminution de la synthèse de la chlorophylle mais une destruction prématurée de celle-ci dans les éléments âgés avec réutilisation des constituants libérés dans les éléments jeunes.

Les Joubarbes ne paraissent pas plus sujettes à cette pathologie que bien d'autres végétaux, mais la mésestimation de la carence magnésienne, quand elle est modérée (quoi de plus banal que des vieilles feuilles qui jaunissent un peu vite...), et le fait que même dans un pot la terre vienne bien de quelque part, justifient de la mentionner.

Notons que si parmi les Joubarbes il en est une qui est strictement inféodée aux sols riches en Magnésium c'est certainement S. pittonii. Cette espèce ne croît à l'état naturel que dans les fissures des rochers de Serpentine (un silicate de magnésium), milieu que sa haute teneur en Magnésium rend très inhospitalier à nombre de plantes, il existe d'ailleurs une "flore de la Serpentine" assez caractérisée, dont cette plante est l'un des éléments. Dans une moindre mesure, S. dolomiticum, est également inféodée aux substrats riches en Magnésium. Cette espèce ne croît que sur les roches et sols dolomitiques (la Dolomie est un carbonate double de Calcium et de Magnésium). Pour l'une comme pour l'autre de ces plantes, il faut bien reconnaître qu'en culture on ne constate que peu de différence de croissance en utilisant un substrat confectionné avec le sol d'origine de cette plante plutôt qu'un substrat pauvre en Mg, et en tout cas rien de suffisant pour justifier de se compliquer la vie en particularisant le substrat pour ces espèces. Elles se satisferont parfaitement des petits apports de MgO fournis par quelques arrosages d'engrais liquide en contenant. Dans le cas de S. pittonii, il paraît évident que ce qui le caractérise c'est une parfaite tolérance au Magnésium à concentration élevée et non une dépendance à celui-ci. Cette tolérance se comporte comme un avantage adaptatif lui permettant de coloniser la Serpentine nue, mais des apports magnésiens importants ne sont pas un besoin physiologique susceptible de se comporter en réel facteur limitant.

 

VOS AJOUTS ET COMMENTAIRES A PROPOS DE CETTE PAGE :


matzcrorkz (06/08/2014) :
L9Rvu8 Really appreciate you sharing this post.Thanks Again. Great.

fzHHHHwMclruesVfU (31/12/2015) :
liJeyE

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