Sempervivophilia ( Menu français )

Avant-propos
Caractères généraux
A propos de la nomenclature
Aperçu historique
Classification supraspécifique
Caryologie
A propos de Jovibarba
Nomenclature binominale des hybrides
Quelques questions sur la nomenclature
Explorateur nomenclatural
Ethnobotanique
Aspects biochimiques
Physiologie et culture
Origine des plantes en culture
Exigences d'environnement
Problèmes
Distribution et particularités locales
Plantes et stations d'intérêt particulier
Annexes
 
Sempervivophilia

 English text
 Deutscher Text
 Texto español
 Testo italiano

A propos de la nomenclature > Quelques questions sur la nomenclature

Quelques questions sur la nomenclature...

"... Et il faut bien comprendre, répétons, le, que la nomenclature systématique n'est, qu'on le veuille ou non, qu'un moyen d'expression et que le propre d'un moyen d'expression efficace est, surtout dans le domaine scientifique, de n'ouvrir la porte à aucune ambiguïté en quelque circonstance que ce soit. Or, il va de soi que moins il y aura de binômes spécifiques, plus grandes seront les chances d'un accord unanime sur ce que chacun d'eux recouvre : c'est cela la vraie précision..."
(M. Guinochet, Phytosociologie, Masson, p. 91, 1973)


 Question :

"Combien existe-t-il d'espèces connues dans le genre Sempervivum ? "

 Réponse :

Personne n'en sait rien, et tous les chiffres qui ont été avancés ici ou là ne reflètent que les choix arbitraires de ceux qui les ont proférés...

Tenter de répondre à cette question avant d'avoir réussi à définir de façon universelle et absolue la notion d'espèce est singulièrement dépourvu de sens. Cela s'appelle mettre la charrue avant les boeufs, car si cette utopique définition existait, cela se saurait...

Cette question est donc mal posée et ne peut avoir de réponse que formulée ainsi : "Combien y-a-t-il d'espèces prises en compte dans la classifications d'Untel ou d'Untel ?"

Et ne comptez pas sur ce document pour obtenir une réponse plus précise !


 Question :

"Quel nom utiliser pour désigner telle ou telle plante ? "

 Réponse :

Tout intégriste du Code International de Nomenclature Botanique vous répondra : le "nom correct" (au sens de ce même Code) et lui seul... En omettant de vous signaler les difficultés à définir celui-ci pour une plante donnée. Il y a parfois autant de "noms corrects" (au sens du Code) que de botanistes se penchant sur le problème, Code en main.

Le nom correct d'un taxon se définit comme le nom légitime (c.à.d. forgé suivant les règles du Code) le plus anciennement publié de manière valide pour un rang donné, c.à.d. que le nom correct d'un taxon peut changer suivant le rang que l'on considère le plus pertinent pour le taxon en question (ce choix du rang est par nature arbitraire).

En pratique, il est plus réaliste de répondre : Celui qu'il vous plaira ! ... du moment que vous le référenciez à quelque chose ou à quelqu'un. Tant qu'une révision complète et argumentée de ce genre n'aura pas été effectuée (et acceptée par l'usage...), il faut bien savoir que la préséance de telle ou telle appellation reste le plus souvent basée sur d'assommantes pinailleries de légitimité, de validité, etc. (au sens du Code de Nomenclature) plus que sur la réalité biologique des taxons.

De toute façon, un nom ne sera jamais qu'une simple convention, un simple index pointant sur un taxon. C'est donc un pur outil de communication, pour revenir à la citation mise en préambule. Un nom existe dans l'absolu mais n'a de sens que par rapport à un système de classification, autre outil complexe et lui-même en remaniement perpétuel au fil de l'amélioration des connaissances et des modifications des conceptions et points de vue de ceux qui forgent et utilisent ces outils. L'important n'est donc pas le nom lui-même mais ce que l'on met derrière.

Ne confondons pas l'espèce et le nom de l'espèce !

La question banale et récurrente "Qu'elle est cette plante ?" semble appeler en réponse : "C'est un Sempervivum machinchosum Untel". Or aucune plante n'est un Sempervivum machinchosum ni aucune autre appellation. Cette question telle qu'elle est formulée ne peut avoir de réponse car il y a une différence de nature entre la réalité qu'est une plante ou un ensemble de plantes et l'abstraction qu'est une appellation conventionnelle. La question devrait plutôt être formulée ainsi : "Comment désigne-t-on cette plante ?" ou mieux "Comment désigne-t-on ce type de plante ?" avec comme réponse : "Untel l'a désigné Sempervivum machinchosum". Cela paraît uniquement jouer sur les mots, ou être une évidence, mais c'est pourtant une notion essentielle à rappeler car sans garder cette nuance à l'esprit on ne comprendra jamais rien aux principes de la dénomination des êtres vivants et à leur nomenclature.

Et puis il faut abandonner cette vision des choses purement mythique qui fait qu'à chaque être vivant puisse ou doive correspondre un nom stable et unique. Cela serait tout simplement nier que la taxinomie et la systématique soient des disciplines scientifiques : il n'y a que les croyances qui soient univoques et figées, pas les connaissances ! Une science se nourrit de ses erreurs et bâtit ses fondations sur les ruines de ses hypothèses !


 Question :

"Quelle différence y-a-t-il entre une espèce, une sous-espèce, une variété, une forme... ?"

 Réponse :

On pourrait presque répondre : aucune !

En effet, la différence est de nature relative et non absolue. Ces rangs nomenclaturaux sont des niveaux hiérarchisés qui n'ont de valeur que relativement à un cadre nomenclatural cohérent. C'est-à-dire qu'on doit s'efforcer, dans un cadre donné, d'indiquer par un même rang un même niveau apparent d'individualisation, mais plus l'on s'écartera de ce cadre et plus cette cohérence sera compromise.

En fait, peu importe qu'un auteur désigne un taxon comme étant une espèce alors qu'un autre la considèrera comme une sous-espèce voire une variété. Aucun n'a tort et la seule chose qui importe est que ces auteurs respectifs intègrent ces taxons dans un cadre cohérent. En pratique, la valeur accordée à ces rangs nomenclaturaux est laissée à l'appréciation de chaque auteur/utilisateur car ces rangs ne peuvent malheureusement pas être définis de manière rigoureuse. Cependant, l'usage a plus ou moins codifié certains critères. Ainsi, on considère généralement qu'une sous-espèce nécessite au moins un critère géographique pour être définie (deux sous-espèces distinctes doivent avoir des aires distinctes mais pas forcément indépendantes), au moins un critère morphologique ou écologique pour une variété plus l'existence de quelques populations caractérisées, et au moins un critère morphologique pour une forme mais sans formations de véritables populations. En réalité, tout cela est commode mais un peu artificiel et assez théorique car quand on estime devoir subdiviser un taxon on est bien obligé d'utiliser un rang inférieur à celui du taxon de départ, à moins de relever celui du taxon de départ, ce qui n'est pas toujours réaliste...

Quant à la valeur biologique et évolutive à accorder à ces différents rangs nomenclaturaux, certains veulent y voir des stades intermédiaires qui évolueront soit vers la différentiation en véritables espèces soit disparaîtront ou fusionneront à terme. Tout cela est peu réaliste car basé sur une vision un peu mythique et conventionnelle de ce qu'est une espèce (au fait qu'est-ce ?!) et de son sacro-saint isolement génétique. Bref, vouloir généraliser sur la valeur évolutive des divers rangs nomenclaturaux équivaut à discourir du sexe des anges !


 Question :

"Qu'est-ce que le Code International de Nomenclature Botanique, et à quoi sert-il ? "

 Réponse :

Il s'agit d'un document qui fixe dans les plus menus détails les règles à suivre pour dénommer les plantes. Il est régulièrement mis à jour par des réunions internationales de consensus. Sa langue officielle fut à ses débuts le français, puis il resta très longtemps multilingue. Maintenant ce n'est plus qu'une bouillie anglaise...

Ce document est aussi indigeste que la cuisine de sa langue et aussi soporifique qu'il est indispensable. Sans lui ce serait l'anarchie, chaque botaniste se baserait alors sur ses propres critères et méthodes, bien sûr beaucoup plus valables que ceux du voisin...

Cependant, ce code arbitraire est trop souvent considéré et utilisé par certains botanistes comme le seraient les "Tables de la Loi". Ceux-ci font alors de la Nomenclature comme d'autres feraient de l'exégèse... Faire de la nomenclature pour la nomenclature, c'est oublier le simple rôle d'outil de celle-ci et bien souvent se détourner des réalités biologiques, réalités que la nomenclature est sensée décrire et non adapter à ses règles.

Le Code International de Nomenclature Botanique n'est rien d'autre qu'une grammaire. On peut énoncer clairement des vérités en faisant des fautes de grammaire, tout comme on peut débiter de pures âneries dans un langage impeccable !

Il est donc nécessaire de bien connaître ce Code pour... l'oublier le cas échéant. Tout comme les règles de la grammaire admettent la "licence poétique", les règles de la nomenclature devraient admettre la "licence biologique". Mais tout comme le poète sait pertinemment ce qu'il fait quand il outrage les règles de la langue, le botaniste doit savoir ce qu'il fait quand il prend des libertés avec le Code.

N.B. Pour consulter la traduction française de ce Code, voir les "liens externes". 


 Question :

"Systématique, classification, nomenclature, taxinomie : tous ces termes sont-ils plus ou moins synonymes ?"

 Réponse :

Non, ou tout du moins ils ne devraient pas l'être...

Considérons un ensemble d'être vivants quelconques :

  • La taxinomie (ou taxonomie) est l'art d'analyser, de reconnaître et de décrire des sous-ensembles individualisables (les taxons) de différents niveaux dans cet ensemble global.
  • La systématique est l'ensemble des principes et méthodes qui permettent de désigner et de classifier hiérarchiquement les sous-ensembles ainsi reconnus.
  • Le résultat concret de cette classification est une nomenclature.

On peut résumer ces concepts en disant que la systématique utilise la taxinomie pour produire une nomenclature.

Les amateurs (et parfois les botanistes) mélangent allègrement ces notions, il est vrai intimement liées. Même quand elles sont nettement différenciées, leur sens ou leur portée varient souvent d'un auteur à l'autre...


 Ultimes recommandations :

La consultation de la nomenclature du genre Sempervivum est fortement déconseillée à toute personne sujette aux crises de nerfs, aux insuffisants cardiaques, aux épileptiques, et aux femmes enceintes.

L'aspirine n'étant pas fournie avec ce document, merci de contacter votre pharmacien habituel...

 

VOS AJOUTS ET COMMENTAIRES A PROPOS DE CETTE PAGE :


(anonyme) (25/04/2011) :
nos chers sempervivums ont tout fait pour compliquer la tache des botanistes (et des
amateurs)......espéces, sous-espéces, formes locales, hybrides naturels....qui ne se
perdrait pas parmis tous ces taxons?
mais il faut bien admettre que cette variété quasi-infinie contribue au charme de nos
plantes favorites.

cheap backlinks (19/07/2014) :
6qtga7 I value the article.Much thanks again. Really Cool.

crorkz (05/08/2014) :
lLlfQJ Thanks again for the post.Thanks Again.

sItyNawTks (01/01/2016) :
klr7DV

   Ajouter un commentaire
Votre nom ou pseudo :  (facultatif)

 

 Accueil      Livre d'Or

Contact  Sempervivophilia (2017) - Tous droits réservés.