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Exigences d'environnement > Exposition à l'humidité ambiante

Exposition à l'humidité ambiante

Comme il a été dit et répété à maintes occasions dans ce document, les Joubarbes et l'humidité ne font pas bon ménage.


 Sommaire :

1. L'hygromètrie élevée, voilà l'ennemie !

2. Variations suivant les sortes

3. Comprendre l'hygrométrie et la pluviomètrie

3.1. L'hygrométrie

3.2. La pluviométrie

3.3. Notes sur l'hygrométrie des zones d'altitude

4. En pratique


1. L'hygromètrie élevée, voilà l'ennemie !

L'humidité, surtout sous la forme d'une hygrométrie élevée et persistante, est l'ennemie numéro un des Joubarbes et le principal handicap pour leur mise en culture.

Alors que ces plantes tolèrent très bien un substrat humide, voire constamment humide, l'humidité atmosphérique (l'hygrométrie) est par contre très mal supportée et peut facilement entraîner la perte totale de certaines plantes par pourriture, même en été. L'hivernage hors-abri en est rendu très difficile, parfois impossible. Au minimum, les plantes seront très abîmées et leur redémarrage au printemps sera lent et difficile.

Durant la mauvaise saison, la mise sous abri de certaines sortes peut donc s'imposer sous climat océanique pur. Pour une Joubarbe les "rigueurs" de l'hiver ce sont les périodes humides prolongées, non les coups de froids !

2. Variations suivant les sortes

La sensibilité à l'humidité varie beaucoup suivant les sortes, mais en règle générale on aura moins de difficulté avec les cultivars qu'avec les formes naturelles. Ceci paraît assez logique puisqu'ils sont le résultat d'une sélection en conditions de culture. Certains cultivars s'avèrent malgré tout assez sensibles à l'humidité (et on se demande alors pourquoi diable les avoir introduits en culture !)

La sensibilité à l'humidité varie aussi beaucoup à l'intérieur d'une même espèce, suivant la provenance et même suivant les individus. Ainsi, le banal et omniprésent S. tectorum paraît indestructible, et l'est effectivement pour la plupart de ses formes cultivées, mais il est pourtant possible de trouver des formes naturelles de celui-ci qui sont très sensibles à l'humidité et pratiquement impossible à conserver l'hiver hors-abri !

La sensibilité d'un clone donné dans des conditions données est une constante propre à celui-ci. Elle est donc stable et ne se modifie pas avec le temps. A part la mise sous-abri, le drainage de surface et le couchage des pots, aucune façon culturale ne peut interférer avec elle. Cependant, le cas de S. heuffelii est un peu particulier à cet égard. Rappelons que cette espèce ne produit pas de stolons et que son mode de division para-apical entraîne la formation d'une sorte de caudex plus ou moins ramifié. Cette espèce se caractérise par une excellente résistance à l'humidité hivernale et il est rare de voir son feuillage s'abîmer, ou alors de manière très limitée. Hors-abri, les premières années se passeront sans problème et puis lors d'un hiver vous verrez sa souche pourrir, individualisant alors de nombreuses rosettes détachées, voire pourrissant jusqu'au coeur des rosettes, et vous vous retrouverez avec un tas de feuilles isolées posées sur une bouillie malodorante. Cela se produira sans signes d'appel au niveau du feuillage, qui restera sain jusqu'à ce que toute la souche ait disparu. Ceci s'explique aisément. Le caudex jeune de cette espèce est constitué de tissus bien vivants et résiste parfaitement à l'humidité au début, mais au fil des années ses parties les plus âgées se nécrosent progressivement (c'est un phénomène normal qui aboutit à l'individualisation progressive de plusieurs souches indépendantes à partir de la souche-mère). En conditions d'humidité persistante, ces tissus en voie de nécrose sont une porte grande ouverte à la pourriture fungique ou bactérienne (vite suivie des cloportes, limaces et autres...). Ensuite, même si les conditions s'assèchent, cette grosse touffe épaisse et compacte conservera l'humidité et la pourriture en son sein. La prévention de ce phénomène est toute simple : pour conserver aisément cette espèce hors-abri en conditions hivernales trop humides, il suffit de la diviser régulièrement et de la replanter en éliminant les parties anciennes des souches. Comme toujours, le problème se pose avec plus ou moins d'acuité suivant les sortes (provenances naturelles ou cultivars) mais on peut considérer qu'une souche de trois ans d'âge doit être divisée sans attendre.

3. Comprendre l'hygrométrie et la pluviomètrie

L'un des éléments qui différencient les conditions des biotopes naturels et celles de la culture, et semble constituer le facteur limitant essentiel à la culture des Joubarbes, est l'hygrométrie trop élevée, et non la pluviométrie avec laquelle la corrélation est trop facilement faite.

Ces deux facteurs peuvent être localement très dissociés : une région à hygrométrie constamment élevée n'est pas forcément une région à pluviosité très élevée (certaines zones côtières par exemple).

3.1. L'hygrométrie

L'hygrométrie caractérise à un moment donné l'humidité relative de l'air exprimée par un pourcentage (h.r.%). C'est le rapport de la quantité de vapeur d'eau présente dans un volume d'air donné par rapport à la quantité maximale que pourrait contenir ce volume d'air pour une température et une pression données.

Or, la quantité maximale de vapeur d'eau que peut contenir un volume d'air donné, à une pression constante, s'accroît avec la température. Donc, pour une quantité de vapeur d'eau constante, l'hygrométrie s'élève quand la température diminue. On remarque donc que des variations de l'hygrométrie peuvent se produire sans aucune variation de la quantité de vapeur d'eau contenue dans le volume d'air concerné. C'est ainsi qu'il est inutile de chauffer temporairement une serre pour l'"assécher" si parallèlement on ne l'aère pas...

Si la quantité maximale de vapeur d'eau est atteinte (h.r.=100%), le volume d'air est dit "à saturation de vapeur d'eau", et la température de celui-ci est alors appelée le "point de rosée". Le point de rosée varie suivant l'humidité absolue (c.à.d. la quantité de vapeur) et la pression du volume d'air (et donc avec l'altitude). Ce terme "point de rosée" indique tout simplement qu'à saturation de vapeur d'eau, au contact d'une surface il y a apparition d'une condensation sur celle-ci (c.à.d. la rosée).

A noter que le voisinage du point de rosée est un équilibre très complexe puisque la condensation dégage des calories s'opposant à la chute de la température au-dessous du point de rosée et que l'assèchement local de l'air par la condensation tend à abaisser le point de rosée, mais entraîne également une reprise de l'évaporation de surface par désaturation locale de la masse d'air, de plus l'assèchement partiel de l'air diminue l'effet de serre de cette masse d'air et augmente donc les pertes caloriques par rayonnement, ce qui abaisse donc la température de surface, mais diminue par contre les pertes par conductions dans cette masse d'air... (arrêtons là, car la physique des états "limites" est vite un cauchemar).

3.2. La pluviométrie

La pluviométrie caractérise la hauteur cumulée des précipitations pendant une durée donnée et est exprimée en millimètres (directement convertibles en volume par le rapport à une surface).

La pluviométrie est un paramètre à la fois simple et fiable en plaine, mais beaucoup plus complexe à interpréter dans les zones montagneuses constituant les biotopes des Joubarbes. Rappelons en effet que la neige participe à la pluviométrie, et peut en certains endroits la constituer à elle seule.

La neige étant de "l'eau sèche", la différence fondamentale entre ces deux types de précipitation est que le calendrier des apports neigeux est temporellement et spatialement dissocié de celui des apports hydriques effectifs.

  • Temporellement car les apports hydriques effectifs se font par les seules eaux de fonte, donc parfois tardivement et de manière étalée.
  • Spatialement car la neige se déplace avant sa fonte au gré des pentes et du vent, disparaissant ou s'accumulant par endroits. De plus, les modalités de l'écoulement des eaux de fonte qui en sont issues varient beaucoup par places.

La conséquence de ceci est que la "pluviométrie effective" ou "efficace" d'un lieu donné en altitude n'a souvent que peu de rapport avec la pluviométrie mesurée pour la zone concernée, et peut varier de manière importante dans un sens comme dans l'autre sur quelques mètres !

3.3. Notes sur l'hygrométrie des zones d'altitude

L'hygrométrie habituellement basse à haute altitude s'explique par la conjonction de phénomènes physiques qui s'auto-entretiennent.

1) Considérons des masses d'air relativement chaud et humide présentes dans les vallées. Par "chaud et humide" il faut comprendre "plus chaud et plus humide que l'air présent en altitude". Ces masses d'air chaud auront tendance à s'élever le long des pentes. Lors de leur montée, elles vont perdre une grande partie de leur humidité par condensation. Il est d'ailleurs facile d'observer concrètement ce phénomène sous la forme de la fréquente ceinture de nuages de l'étage montagnard. Ce phénomène de condensation est provoqué par la décompression progressive des masses d'air qui s'élèvent : à partir d'une certaine altitude la saturation est atteinte et l'humidité se condense sous forme de nuage ou de brume. Or, toute condensation produit des calories (qui sont la restitution de celles utilisées lors de l'évaporation). Ce dégagement de chaleur s'opposera au refroidissement barométrique de ces masses d'air (c.à.d. au refroidissement provoqué par la décompression de l'air qui s'élève). Ces masses d'air sont donc à la fois asséchées, réchauffées et allégées (à pression égale l'air sec est moins dense que l'air humide). Le mouvement ascensionnel de ces masses d'air vers les zones d'altitude s'en trouve donc nettement accentué. NB : la montée de l'air asséché va éventuellement produire le phénomène de foehn si l'ampleur de l'ascension de ces masses d'air est telle qu'elles redescendent aussitôt par un versant opposé, elles subissent alors un réchauffement par compression à la descente, le bilan thermique reste positif du fait de l'apport thermique de la condensation lors de la montée. L'air est alors beaucoup plus chaud et sec à altitude égale au pied du versant "sous le vent" qu'au pied du versant "au vent".

2) Considérons d'éventuelles masses d'air humide situées en altitude. L'air humide est plus dense que de l'air sec pour une même température. Ces masses d'air auront donc tendance à s'écouler naturellement vers le bas des pentes et à être remplacées par de l'air sec plus léger. A noter que des masses d'air de densité différente ne se mélangent pas : l'air humide va "couler" vers le bas et l'air sec montera prendre sa place.

Décompression et condensation d'une ascendance d'air humide.

Les masses d'air humide venant de l'ouest se décompriment et se refroidissent en s'élevant le long de la pente et la vapeur d'eau se condense en formant ce panache nuageux au-dessus du Vésuve. Le phénomène de décompression barométrique se conjugue ici à un effet de sommet, c.à.d. un phénomène de Venturi qui accentue localement la vitesse et la décompression des masses d'air au franchissement du sommet.

On voit donc que ces phénomènes se conjuguent pour maintenir un bas niveau hygrométrique en altitude. Cela reste bien sûr schématique et assez général car les paramètres en cause sont nombreux et complexes (en particulier les phénomènes d'absorption thermique et d'effet de serre liés aux masses d'air humides ainsi que les importantes pertes thermiques par rayonnement des masses d'air sec en altitude interfèrent avec les mécanismes précédents).

4. En pratique

En culture, on constatera que les périodes difficiles et les pertes maximales de rosettes correspondent quasiment toujours aux périodes d'hygrométrie élevée (qui peuvent être aussi souvent des périodes de relatif "beau temps" que des périodes de pluie continue, alors que certaines périodes à averses peuvent s'accompagner d'une hygrométrie relativement modérée entre celles-ci).

Or, l'hygrométrie excessive est un facteur non corrigeable en pratique. Une serre, ou tout autre abri vitré, permet de l'abaisser, mais seulement de manière relative, par une élévation momentanée de température durant la journée, et l'humidité y remonte donc beaucoup la nuit. L'hygrométrie peut même, la nuit, être nettement plus élevée dans une serre qu'à l'air libre, du fait de l'aération trop faible et de la concentration des végétaux, et cela particulièrement si le sol de la serre est resté le sol naturel (évaporation, puis stratification de l'air humide).

Les dégâts de l'humidité sur des plantes abritées en serre sont aggravés par l'inévitable absorption des U.V. par les vitrages ainsi que par le manque d'aération. Ceci explique en partie que les Joubarbes, à quelques exceptions près, s'y comportent relativement mal.

Le climat le plus défavorable à la culture de ces plantes sera donc le climat océanique pur, celui qui ne comporte quasiment que deux saisons interminables, le printemps et l'automne, et où les rares journées à moins de 70% h.r. vous sembleront exceptionnellement et anormalement sèches... Ce climat, de type "insulaire", se retrouve en particulier à l'extrême pointe de Bretagne, hélas pour l'auteur de ces lignes...

 

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