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Exigences d'environnement > Apports hydriques

Apports hydriques

En tant que plantes succulentes, les Joubarbes ont une "gestion" de l'eau qui leur est propre, mais qui n'est pas toujours celle que l'on pense... On s'efforcera donc d'en tirer quelques conséquences pratiques pour leur culture.


 Sommaire :

1. Xérophyte ou Xérophile ?

1.1. Adaptations

1.2. A propos des notions de xérophyte et xérophile

1.3. Eau, concurrence et compétitivité

1.4. Qu'en déduire ?

2. En pratique

2.1. Au printemps

2.2. En été

2.3. En hiver

2.4. A propos de la mise sous abri


1. Xérophyte ou Xérophile ?

Les Joubarbes sont d'authentiques plantes succulentes et, de ce fait, parfaitement adaptées à résister à des périodes de sécheresse prolongée ou à prospérer dans des milieux très drainants s'asséchant rapidement.

1.1. Adaptations

Les adaptations, qui expliquent cette tolérance des Joubarbes à la sécheresse, sont présentes sur trois niveaux :

Adaptation morphologique : port bas et compact, rétraction des rosettes en boule fermée lors des périodes sèches, limitant ainsi les surfaces d'évapotranspiration ; longues racines permettant d'atteindre l'humidité profonde.

Adaptation anatomique : présence de parenchymes foliaires de réserve hydrique, associés à un épiderme épais limitant l'évapotranspiration.

Adaptation physiologique : photosynthèse utilisant la voie CAM, qui limite les pertes d'eau par les stomates en permettant la fixation nocturne du gaz carbonique, la photosynthèse proprement dite s'effectuant à stomates fermés durant la journée.

Les Joubarbes appartiennent donc indiscutablement au type écologique des xérophytes, c.à.d. aux "plantes des milieux secs". Rappelons que ce type xérophyte se définit comparativement aux mésophytes et hydrophytes. Les hydrophytes sont les plantes aquatiques et les plantes des milieux saturés d'eau, les mésophytes sont les plantes des milieux intermédiaires, c'est-à-dire ni particulièrement humides, ni particulièrement secs. Avec les xérophytes ce sont les trois principaux types écologiques définis en fonction du régime hydrique.

1.2. A propos des notions de xérophyte et xérophile

Il faut bien comprendre que si les Joubarbes sont bien adaptées à supporter de telles conditions, cela ne signifie absolument pas que ce soient les conditions optimales pour leur croissance. Ceci est d'ailleurs valable pour bien d'autres plantes xérophytes ou abusivement dénommées "xérophiles".

La consonance et donc l'assimilation sémantique regrettable des termes "xérophile" ( litt. = "qui aime la sécheresse") et "xérophyte" ( litt. = "plante de milieu sec") a entraîné beaucoup de confusion et de mauvaise interprétation des notions qu'ils recouvrent, si bien que l'usage en a fait actuellement des quasi-synonymes, alors que si une plante xérophile est évidemment une xérophyte l'inverse n'est pas nécessairement vrai.

Il est en effet important de comprendre que pour nombre de xérophytes, dont les Joubarbes, la tolérance à de telles conditions difficiles sur le plan hydrique représente seulement un avantage adaptatif déterminant, qui leur permet ainsi de croître en des lieux où la concurrence d'autres espèces est faible, alors qu'en situation qui leur serait pourtant plus favorable d'un point de vue hydrique, elles seraient vite étouffées, recouvertes et supplantées par de luxuriantes concurrentes.

1.3. Eau, concurrence et compétitivité

La concurrence entre les plantes se résume en quelques mots : piquer à son voisin sa place au soleil !

In situ, la concurrence entre les Joubarbes et leurs voisines mésophytes s'exerce probablement le plus nettement au stade des très jeunes semis qui se développent mal et disparaissent vite en conditions humides s'ils sont trop ombragés par le couvert des plantes voisines qui les étouffent et rendent impossible ou difficile la colonisation de tels sites par les Joubarbes.

Leur surcroît de compétitivité en situation sèche est de deux ordres. Tout d'abord, la capacité à résister longtemps à une sécheresse prolongée permet bien sûr la disparition avec le temps de certaines mésophytes concurrentes. Mais là n'est peut-être pas le facteur essentiel. L'intérêt essentiel de leur adaptation à la sécheresse est qu'elles redémarrent leur croissance en un temps très bref après le retour des conditions humides, alors que nombre de leur voisines mésophytes, voire xérophytes, nécessitent un temps non négligeable de récupération physiologique. Cette capacité donne aux Joubarbes d'une part la possibilité de "gagner de la place" sur leurs voisines dès le retour de l'humidité et, d'autre part, d'avoir une croissance correcte tout le long de la saison avec des apports hydriques brefs et espacés.

1.4. Qu'en déduire ?

De ce qui vient d'être dit, on peut déduire que les Joubarbes sont donc d'authentiques xérophytes.

Mais attention, tout au moins pour l'immense majorité d'entre elles, ce ne sont en aucune manière de vraies plantes xérophiles : on constate en effet que les Joubarbes dans leur ensemble, non seulement tolèrent des apports hydriques abondants et continus en période de croissance, mais en bénéficient nettement. Les exceptions à cette règle sont rares, et pour ces cas c'est plutôt l'hygrométrie entretenue localement par des apports hydriques répétés qui est mal tolérée (cf. plus bas), et non l'abondance même de ces apports au niveau du substrat.

2. En pratique

2.1. Au printemps

Il semble préférable de ne pas laisser s'assécher totalement le substrat au printemps, lors du plus fort de la végétation. Cette période correspond d'ailleurs souvent à d'importants apports dus à la fonte des neiges dans certains de leurs sites naturels. Le stress hydrique à cette période est non seulement néfaste à la croissance et à la production de stolons mais peut probablement favoriser l'induction florale et donc la survenue d'une floraison tardive d'arrière-saison (cf. cycle reproductif).

Recommander de ne pas laisser s'assécher le substrat peut sembler illogique et inapplicable pour certaines espèces ou individus délicats, qui semblent pourrir facilement en de telles conditions. Bien qu'il faille évidemment nuancer suivant les espèces, on aura néanmoins intérêt à considérer ce principe comme une règle générale et donc à l'appliquer même aux cas "difficiles". On utilisera alors un compost un plus minéral et surtout on accentuera le drainage superficiel et le nettoyage soigneux des vieilles feuilles qui va de pair. On augmentera donc (sans excès) la part de sable du substrat. Il est possible d'utiliser avec bénéfice une bonne proportion d'arène granitique grossière, pas ou peu tamisée et non lavée, et d'effectuer alors des apports nutritifs supplémentaires et réguliers.

La pourriture survient en effet plus du fait de l'hygrométrie élevée entretenue très localement au niveau du collet et des feuilles par le compost humide (une rosette de Joubarbe ne culmine pas bien haut au-dessus du sol ! ) surtout en cas d'aération insuffisante sous abri , que du fait de l'humidité permanente au niveau des racines profondes. L'humidité du substrat en profondeur reste dans tous les cas bénéfique à cette période de l'année. Pour les sortes vraiment délicates, il peut parfois être préférable d'arroser les potées par le dessous.

2.2. En été

Cette période est marquée par un semi-repos succédant à la floraison. Durant celui-ci, les apports hydriques peuvent, voire doivent, être plus limités, c'est-à-dire toujours abondants mais plus espacés, en laissant sécher plus ou moins complètement le compost entre deux arrosages, voire en se contentant des apports naturels dus aux pluies. Ces remarques s'appliquent bien sûr essentiellement à la culture en pots.

2.3. En hiver

En période de repos hivernal, les apports hydriques ne sont pas nécessaires, et doivent être stoppés si possibles afin de ne pas trop entretenir d'humidité à la base des rosettes (cf. maladies fongiques). Ils reprendront éventuellement, et progressivement, à compter de la mi-février.

Ceci étant irréalisable en culture extérieure hors-abri, c'est durant cette période hivernale qu'une serre froide ou un châssis bien aéré peut se révéler utile, surtout en conditions océaniques d'hygrométrie élevée et pour les espèces délicates. La rentrée à l'abri devra alors se faire avant le plus fort des pluies d'automne : on rentre directement les potées, ou, en cas de culture en pleine terre, on arrache quelques rosettes que l'on empote temporairement dans un compost sec quelconque (compost standard ou sable, vermiculite, perlite, etc. ). Cet empotage d'échantillons de l'ensemble de la collection prend en fait assez peu de temps, mais rédiger correctement leurs étiquettes peut en prendre beaucoup plus... Ces rosettes "de sauvegarde" étant destinées à reconstituer d'éventuelles pertes hivernales ou à boucher certains trous, on aura soin de ne pas les choisir trop grosses, afin de minimiser le risque de montée directe à fleur l'année qui suit (cf. cycle végétatif). Les excédents pourront ensuite faire quelques heureux.

Il y a une exception à ce qui vient d'être dit concernant l'hivernage au sec. Il s'agit des formes à très petites rosettes que l'on place très tôt sous abri. Il est souvent préférable de les arroser épisodiquement et légèrement au cours de l'hiver. En faisant cela, on constatera que le redémarrage au printemps sera meilleur et plus rapide. Sans doute ces quelques apports d'eau évitent-ils un dessèchement excessif avec perte de racines durant l'hiver (n'oublions pas que le repos végétatif des Joubarbes en hiver est prononcé mais pas total).

En cas d'hivernage extérieur en pot, il est conseillé, ainsi qu'il a été signalé par ailleurs, et si la place le permet, de coucher dès l'automne les pots sur le flanc, le fond du pot face aux vents dominants porteurs de pluie (d'Ouest sous régime océanique), donc la plante faisant face E-SE. De cette manière, l'eau de pluie imbibera beaucoup moins les rosettes et s'évacuera plus vite par ruissellement. Le substrat de culture sera aussi moins imbibé et donc plus aéré, et subira moins le délavement de ses sels nutritifs et le compactage. De même, l'air saturé d'humidité au contact du substrat peut s'écouler sans être piégé par les rebords du pot. De plus, les plantes bénéficient de cette manière au maximum du soleil rasant de l'hiver.

2.4. A propos de la mise sous abri

L'air humide est plus dense que l'air sec. La majorité des problèmes entraînés par la mise sous abri découlent de cette loi physique élémentaire.

En l'absence de tout mouvement d'air, il se forme donc rapidement au voisinage d'un sol humide une mince couche d'air immobile beaucoup plus humide que l'air ambiant, et qui n'a tendance qu'à s'accumuler et à se stratifier. Même si l'air ambiant reste relativement sec, le taux d'humidité de la mince nappe au ras du sol peut alors atteindre le voisinage de la saturation. Ce phénomène est encore renforcé par le fait que l'évaporation à partir du sol a tendance à refroidir cette couche basse en augmentant donc encore son humidité relative et sa densité. Il s'agit d'un phénomène qui s'auto-entretient.

On comprend donc l'importance fondamentale de l'aération des abris, afin de mobiliser et brasser ces nappes d'air. Ceci explique que bien des plantes qui tolèrent une certaine humidité à l'extérieur ne la tolère plus une fois placées sous abri clos. Ceci explique également la nécessité de ne rentrer sous abri une plante qu'après que son un substrat soit suffisamment ressuyé, la mise sous abri d'une plante au substrat trop humide pouvant parfois être plus néfaste que de la laisser dehors.

 

VOS AJOUTS ET COMMENTAIRES A PROPOS DE CETTE PAGE :


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