Sempervivophilia ( Menu français )

Avant-propos
Caractères généraux
A propos de la nomenclature
Ethnobotanique
Aspects biochimiques
Physiologie et culture
Origine des plantes en culture
Se procurer des Joubarbes
Recherche sur le terrain
Prélèvement in situ
Protection légale
Que se procurer et cultiver ?
Hybridation et nouveaux cultivars
Index des cultivars (M.Miklanek)
Exigences d'environnement
Problèmes
Distribution et particularités locales
Plantes et stations d'intérêt particulier
Annexes
 
Sempervivophilia

 English text
 Deutscher Text
 Texto español
 Testo italiano

Origine des plantes en culture > Que se procurer et cultiver ?

Que se procurer et cultiver ?

Si l'intérêt du lecteur se porte uniquement sur les aspects strictement botaniques du genre Sempervivum, la culture des Joubarbes se limitera aux formes naturelles et n'aura que l'intérêt utilitaire (mais indispensable ! ) d'une aide à la connaissance de ce genre.
Si cet intérêt se porte plutôt, ou de surcroît, vers l'aspect collection et distraction horticole, l'intérêt présenté par la culture des Joubarbes pourra alors s'appuyer sur deux types de plantes : les cultivars, c'est-à-dire les clones horticoles, et les clones d'origine naturelle.


 Sommaire :

1. Les Cultivars

1.1. L'origine des cultivars

1.2. L'éventail des cultivars disponibles

1.3. A propos des cultivars de Sempervivum heuffelii

2. Les clones d'origine naturelle

2.1. Plaidoyer pour les formes naturelles

2.2. Les clones naturels disponibles


Le terme de "distraction horticole" n'a ici rien de méprisant, bien au contraire. La distraction horticole c'est l'attirance et l'amour pour tout ce qui pousse et bien des jardiniers du dimanche ou des collectionneurs invétérés comprennent mieux leurs plantes que certains biologistes et botanistes patentés, incapables de faire pousser correctement un géranium, alors que les premiers n'ont point besoin de jargonnage creux et ampoulé pour y arriver...

1. Les Cultivars

L'extrême facilité des croisements interspécifiques et la variabilité générale du genre, ainsi que la facilité de son semis, ont depuis longtemps été remarquées par les jardiniers et les obtenteurs, amateurs ou professionnels, ce qui fait que les cultivars de Sempervivum, qu'ils soient dénommés ou non, sont actuellement innombrables...

1.1. L'origine des cultivars

L'essentiel de tous ces cultivars est d'origine strictement horticole. Ils sont le fruit de croisements multiples et complexes autant qu'incertains, "sélectionnés" (le terme est souvent excessif) parmi les myriades d'exemplaires de semis qu'il est facile d'obtenir en culture.

Association de quelques cultivars en rocaille.

De Ht en Bs et de G à D :
- S. 'DALLAS',
- S. 'DARK POINT',
- un semis de S. heuffelii,
- S. 'BERNSTEIN'

Néanmoins, un nombre non négligeable de cultivars est constitué par des clones issus d'individus naturels (ou réputés/supposés tels), individus variants, aberrants, ou exceptionnels, découverts dans la nature, prélevés, et maintenus par la culture. Malheureusement, l'origine, voire même l'identité de nombre de ces derniers, s'est souvent perdue avec le temps.

1.2. L'éventail des cultivars disponibles

L'individualité de beaucoup de cultivars de Sempervivum est assez discutable, et sous des noms divers on cultive souvent à peu près la même chose...

En effet, si pour les formes naturelles d'infimes différences morphologiques peuvent être le témoin d'une réelle différenciation entre ces formes et ainsi en justifier (parfois) l'individualisation nomenclaturale - et l'utilité d'une culture conjointe - il n'en va évidemment pas de même pour les cultivars. Beaucoup parmi ceux-ci ne diffèrent malheureusement entre eux que par des détails secondaires et restent globalement assimilables par leurs caractères végétatifs et par l'effet visuel produit. Et même quand ils ne sont pas la N...ième version de tel ou tel autre, il faut bien reconnaître qu'une grande partie d'entre eux ne vaut même pas la peine d'être cultivée, à moins de manifester une collectionnite aiguë ! Qu'il soit possible de reconnaître facilement certains cultivars, c'est certain (pour une minorité d'entre eux), mais cela ne signifie pas pour autant que ceux-ci présentent un quelconque attrait... Quel intérêt de conserver en culture, et surtout de diffuser, de tels individus de semis, pour la seule raison que quelqu'un, un jour, s'est amusé à leur donner un nom ! Cette opinion reste strictement personnelle car on pourrait évidemment discuter sans fin des goûts et des couleurs.

Cependant, si l'on essaie d'adopter un regard critique et objectif, force est de constater qu'il existe dans cette foule de banalités, quelques clones d'exception émergeant nettement du lot, tant par leur esthétique et leur originalité, qui les font reconnaître au premier coup d'oeil, que par leurs qualités physiologiques. Ces plantes, de grand intérêt horticole, sont malheureusement trop malconnues, noyées qu'elles sont parmi leurs innombrables consoeurs sans grand caractère.

Du fait de la surabondance de nombreux clones sans originalité et sans grandes particularités, la plupart des cultivars de Sempervivum posent en général les mêmes problèmes d'identification que les espèces naturelles, et, à part pour quelques-uns, la perte de leur étiquette est souvent irrémédiable...

1.3. A propos des cultivars de Sempervivum heuffelii

Ceux-ci méritent une mention particulière car ils constituent un groupe un peu à part parmi les Joubarbes, groupe qui possède à juste titre ses "aficionados". S. heuffelii est une Jovibarba dont la principale caractéristique est de ne pas présenter de stolons latéraux mais de diviser ses rosettes de façon pseudo-dichotomique et de former ainsi une sorte de caudex à sa base.

Il faut tout d'abord mentionner que pour la culture en pots, les cultivars de S. heuffelii sont tous des plantes remarquables et particulièrement adaptées à ce type de culture, du fait de leur morphologie en souche compacte et régulière, de leur absence de "trous" après la floraison, et de leurs coloris foliaires à la fois intenses et délicats et surtout mis en valeur quand on les regarde de près.

Sempervivum heuffelii

Ne dirait-on pas un cultivar ? En fait cette photo est celle d'une plante naturelle in situ, ce qui relativise l'originalité et l'intérêt esthètique de nombre de cultivars de cette belle Joubarbe carpathique et balkanique.

[in situ / Cheile Dâmbovicioara, 750 m]

Quand on sait que la chatoyance de leurs coloris s'associe à une particulière robustesse et à une quasi-indifférence aux hivers humides comme aux chaleurs excessives, on ne peut que les recommander chaudement. Faudrait-il donc voir dans cette plante la "Joubarbe idéale" en culture ?

Pour la culture en pot, on serait tenté de répondre oui. Malheureusement, en pleine-terre ils déçoivent un peu car leurs touffes très denses font un peu "boule" voire "taupinière", s'étendent beaucoup moins vite, et épousent moins facilement les reliefs que les sempervivums proprement dits. Leur taille trop homogène entraîne une certaine monotonie dans une rocaille et lui donne un aspect un peu artificiel. Mais ils présentent sur Sempervivum s.s. l'avantage certain d'une absence de dégarnissements disgracieux après la floraison. Cette floraison présente cependant encore moins d'attrait esthétique que celle de Sempervivum s.s, qui, à défaut d'être réellement belle, possède une certaine élégance graphique, alors que les tiges florales de S. heuffelii sont maigrelettes et souvent plus ou moins avachies.

Revenons sur la résistance à l'humidité hivernale évoquée plus haut. Rappelons tout d'abord qu'on parle ici des cultivars, certaines formes naturelles de S. heuffelii pouvant se révéler plus délicates à hiverner. Cette réelle résistance à l'humidité diminue malheureusement beaucoup avec l'age de la touffe. Parfaite pour les jeunes touffes (un ou deux ans), elle décroît ensuite très nettement. En effet, les parties les plus anciennes d'une souche vieillissante (une sorte de caudex ramifié chez cette espèce) se nécrosent avec le temps, ce qui est un phénomène normal, mais pourrissent alors facilement en entraînant parfois les parties plus jeunes avec elles...

Il est tout à fait possible de se constituer une collection monothématique de cultivars de cette seule espèce, de préférence en pots, collection qui n'aura rien de monotone et que l'on pourra facilement accroître par une sélection de ses propres semis (qui n'auront rien à envier à la plupart des cultivars dénommés... ).

2. Les clones d'origine naturelle

On ne peut attendre de ceux-ci, par rapport aux cultivars, ni la même étendue ni la même intensité dans la palette des coloris, bien que cela ne soit pas une règle absolue (cf. photo ci-dessus).

Ce sera pourtant avec eux que l'amoureux de ces plantes obtiendra les plus grandes satisfactions, et... les plus grands déboires ! En effet, la conservation de certaines Joubarbes d'origine naturelle sous tous les climats n'est pas toujours aussi facile que la réputation, dans ce cas très surfaite, d'"increvabilité" du genre pourrait le laisser supposer. Néanmoins les clones vraiment délicats restent heureusement minoritaires, et pour les autres, la culture n'en est pas beaucoup plus difficile que celle de la majorité des cultivars, c'est-à-dire sans grands problèmes, tout du moins en été.

2.1. Plaidoyer pour les formes naturelles

On débute bien souvent une collection de Joubarbes par des cultivars, d'aspect plus "racoleur", puis l'intérêt dérive vite vers ce qui constitue l'essence même d'un genre végétal : ses formes naturelles.

L'aspect des plantes naturelles n'a que faire de nos critères esthétiques, il ne répond qu'à des impératifs de survie et d'adaptation à certaines conditions particulières. Choisi par l'homme comme on choisirait un papier peint, un cultivar n'est qu'un objet récréatif et le reflet de ses modes, et tout désintérêt de sa part signe à terme l'arrêt de mort de ce monstre. Le cultivar n'est que le bâtard de l'homme et de la plante !

Devant un individu naturel, tous nos critères de jugement deviennent sans objet. Ainsi on pourra dira d'un cultivar qu'il est réussi, qu'il est beau, qu'il est vigoureux, qu'il est ceci ou cela. D'un individu naturel on pourra dire qu'il est et cela suffit à sa perfection.

Au fur et à mesure de l'accroissement d'une collection de formes naturelles, on se prend vite de passion pour ces humbles plantes si puissamment évocatrices de leur lieu natal, des plantes que l'on a, de surcroît, parfois récoltées soi-même. En effet, si, aux yeux de beaucoup, elles se ressemblent un peu toutes (ce qui n'est pas vraiment faux... ) pour les yeux de Chimène de l'amateur attentif la "Joubarbe de tel endroit" ne sera jamais totalement identique à la "Joubarbe de tel autre endroit". Cela participe au charme particulier de ce genre, qu'il ne tient qu'à vous de laisser agir et vous entraîner : n'entendez-vous pas votre sac à dos trépigner dans son placard ? Et la chaude odeur balsamique que dégage une collection fournie de ces plantes, ne serait-ce pas un peu de l'air de leurs cimes natales qu'elles vous offrent ? Fermez les yeux et laissez-le descendre balayer la vallée de vos grisailles...

2.2. Les clones naturels disponibles

On trouvera ci-après une petite liste (non exhaustive) d'espèces variées, (relativement) faciles à se procurer dans le commerce spécialisé, voire courantes en cultures d'amateurs. Leur fréquence en production commerciale, ainsi que, pour certaines, l'ancienneté de celle-ci, porte témoignage de la facilité de leur culture (facilité variable suivant les conditions locales).

En cherchant un peu, tout amateur peut maintenant se procurer des clones naturels de la plupart des espèces de Sempervivum mais le nombre de clones différents disponibles en culture n'est important que pour les espèces d'Europe de l'Ouest et d'Europe centrale. Parmi l'éventail disponible, certains clones sont parfaitement référencés, d'autres le sont nettement moins...

A noter qu'il n'est pas rare que certains clones couramment présents dans le circuit commercial ou dans les cultures d'amateurs soient nettement moins délicats que certains autres de la même espèce que vous auriez récoltés vous-même. Cela s'explique aisément par le fait que les clones délicats et peu productifs sont vite éliminés des cultures commerciales car peu rentables, et progressivement éliminés des cultures d'amateurs cette fois de façon plus... involontaire.

A noter également que beaucoup de clones en vente sont strictement les mêmes entre les divers producteurs, un nouveau producteur qui s'installe préférant en effet procéder à des échanges ou passer commande à un confrère plutôt que de crapahuter pendant des mois à travers toutes les montagnes d'Europe et du Proche-Orient pour constituer sa réserve de pieds-mères...

L'échantillonnage suivant, représentant les principales facettes du genre, devrait suffire à passer le virus de la sempervivophilie à tout amoureux des plantes normalement constitué :

Taxon Origine géographique Prolificité en culture Adaptation à la culture en pot Coloris foliaire
(hors gamme du vert)
Tolérance hiver humide
S. allionii Mercantour, Canavese ++++ +++ + +
S. altum Caucase +++ + + ++
S. arachnoideum §arachnoideum Alpes surtout ++++ +++ + + à +++
S. arachnoideum §tomentosum Alpes, Pyrénées, Massif Central ++++ +++ + à +++ + à +++
S. arenarium Tyrol, Carniole ++++ +++ ++ 0 à +
S. atlanticum Maroc : Haut-Atlas +++ +++ 0 à + + à +++
S. borissovae Caucase ++ +++ ++ ++
S. calcareum SW des Alpes +++ +++ +++ ++ à ++++
S. cantabricum §cantabricum Esp. : Mts Cantabriques ++ +++ + à ++ 0 à ++++
S. ciliosum §borisii Bulgarie + +++ 0 0 à +
S. ciliosum §galicicum W des Balkans ++ +++ +++ 0 à +
S. giuseppii Esp. : Mts Cantabriques +++ +++ 0 ++ à ++++
S. grandiflorum Piémont suisse et italien ++ ++ + +++
S. heuffelii Balkans, Transylvanie ++ +++ + à +++ +++
S. hirtum N, S et E des Alpes centrales +++ +++ + 0 à ++
S. kindingeri Macédoine + ++ +++ ++ à +++
S. kosaninii Macédoine +++ + ++ +++
S. macedonicum Macédoine ++ à +++ + 0 + à +++
S. marmoreum Balkans, Europe centr. + à +++ ++ à +++ + à +++ +++ à ++++
S. montanum §burnatii SW Alpes ++ ++ 0 0 à +
S. montanum §montanum Alpes, Pyrénées +++ ++ 0 à + + à +++
S. nevadense Esp. : Sierra Nevada +++ +++ ++ +++
S. octopodes §apetalum Macédoine ++ + + ++
S. pittonii Est des Alpes +++ +++ + 0 à +
S. pumilum Caucase +++ +++ 0 +++
S. soboliferum N et E des Alpes centrales ++++ +++ ++ 0 à ++
S. tectorum §andreanum Sierra del Cadi +++ +++ 0 à ++ +++
S. tectorum §glaucum S et centre des Alpes ++ +++ 0 +++
S. tectorum §tectorum Alpes, Pyrénées, etc. + à +++ ++ 0 à ++ 0 à ++++
S. thompsonianum Yougoslavie +++ ++ 0 à + ++
S. vicentei Esp. : Cordill. Ibérique ++ +++ 0 à ++ 0 à ++++
S. wulfenii SE des Alpes + + 0 +
S. ×funckii Bavière, Ardennes, ...?... +++ +++ 0 ++ à ++++
etc...  ...

Chaque critère est noté de 0 à ++++. Ces indications ne sont pas à prendre au pied de la lettre, ni pour des valeurs absolues, car elles varient considérablement suivant les conditions locales de culture.

 

VOS AJOUTS ET COMMENTAIRES A PROPOS DE CETTE PAGE :


maina (20/01/2008) :
tres complet et bien informee sur cette plante

good backlinks (04/07/2014) :
iLPW74 Thanks again for the post. Keep writing.

high quality backlinks (19/07/2014) :
fzTNzP wow, awesome article.Really thank you! Keep writing.

crorkz matz (05/08/2014) :
MWKs0m Very informative article. Keep writing.

backlinks (28/09/2015) :
7i0cNf Time period may be the a lot of special tool to, so might be the organic options.
Internet looking is definitely simplest way to preserve moment.

khTAVyHqPWyyPGivfeq (01/01/2016) :
wfmd1N

   Ajouter un commentaire
Votre nom ou pseudo :  (facultatif)

 

 Accueil      Livre d'Or

Contact  Sempervivophilia (2017) - Tous droits réservés.