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A propos de la nomenclature > Nomenclature binominale des hybrides

A propos de la nomenclature binominale de certains hybrides

De nombreux hybrides naturels du genre Sempervivum ont été initialement décrits sous une ou plusieurs appellations binominales (syn. : binomiale, binaire) par les anciens auteurs. Cela peut se révéler commode mais ne va pas sans poser certains problèmes nomenclaturaux.


 Sommaire :

1. Généralités

2. Avantages et inconvénients

3. Principales appellations nothospécifiques


1. Généralités

En nomenclature, on désigne par "binôme" la combinaison d'un nom générique unique à une épithète spécifique unique, l'ensemble est indissociable et forme le nom de la plante.

Pour désigner un hybride, on a le choix entre une appellation binomiale synthétique ou une formule :

  • Formule analytique : S. bidulum × machinum
  • Nom synthétique : S. ×machinchosum

A noter qu'il est recommandé par le Code de Nomenclature d'accoler ainsi le signe "×" au nom spécifique, sans aucun espace. Ceci permet d'éviter des confusions entre noms synthétiques et formules hybrides. ATTENTION à n'utiliser cette possibilité typographique qu'avec le véritable symbole de multiplication "×" et non avec la lettre "x" sous peine de générer des graphies incompréhensibles ! (particulièrement en cas de traitement informatique des données)

Nomenclaturalement, une formule analytique possède la même valeur qu'une épithète synthétique unique. Ce sont des noms alternatifs qui n'ont aucune priorité l'un par rapport à l'autre.

Des noms synthétiques ont souvent été appliqués aux hybrides naturels de Sempervivum, de manière plus ou moins volontaire... En fait, la nature hybride de nombreux taxons n'a été reconnue que secondairement et ils ont donc gardés leur appellation première. Cette pratique a évidemment considérablement hypertrophié et compliqué la nomenclature d'un genre qui n'avait déjà pas besoin de cela...

Cependant, les appellations nothospécifiques, c.à.d. les appellations binominales synthétiques du rang de l'espèce ne doivent pas être systématiquement rejetées au bénéfice des formules sous prétexte que ces appellations binomiales n'existent que parce que leurs auteurs n'avaient pas su reconnaître l'origine hybride de ces taxons (ce qui est souvent le cas). En effet, non seulement les appellations nothospécifiques sont nomenclaturalement correctes (ce qui en soi est secondaire) mais nombre d'entre ces taxons d'origine hybride forment des populations prospères, qui non seulement se maintiennent mais se multiplient et disséminent, parfois même au détriment de leurs géniteurs, et peuvent parfois être présentes en l'absence de l'un de ceux-ci, voire des deux. Il est donc dans de nombreux cas fondé de leur attribuer un réel statut spécifique, malgré que ces espèces aient bien évidemment un mode d'apparition polytopique et répété dans le temps. Nomenclaturalement et biologiquement, ce sont donc bien des nothoespèces (ou espèces hybrides) et pour certaines d'entre elles et/ou dans certaines situations, la distinction d'avec les espèces "pures" que sous-entend ce terme, si elle se comprend d'un point de vue strictement généalogique, est sans doute excessive d'un point de vue de leur réalité biologique.

S. ×christii
S. grandiflorum × montanum

Deux appellations équivalentes pour nommer un type hybride constamment retrouvé là où cohabitent les deux parents.

[in situ / Valtournenche 1800 m 96b14]

2. Avantages et inconvénients

Noms unitaires ou formules, ces deux variantes nomenclaturales ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients :

Noms composés en formule analytique
(S. aaa × bbb)
Noms unitaires
(S. ×ccc)

Intérêts :

- Appellation claire et évocatrice : le statut hybride et la phylogenèse de l'hybride sont directement indiqués par l'appellation.

- Simplicité nomenclaturale : pas de nécessité d'utiliser et de mémoriser une épithète nomenclaturale supplémentaire.

- Une seule appellation hybride par formule donc pas de synonymie inutile.

- Aucun risque de confondre l'appellation d'un taxon hybride avec celle d'un taxon non hybride.

Intérêts :

- Pas de nécessité de connaître avec précision l'identité des parents (qui peuvent être incertains).

- Stabilité nomenclaturale : en cas d'erreurs sur l'identité des parents ou de changement dans leur nomenclature, le nom de l'hybride reste inchangé.

- Mise en valeur de la réelle individualisation de certaines lignées ou populations d'origine hybride.

- Permet de différencier, au niveau infra-spécifique, plusieurs formes hybrides différentes basées sur une même formule.

- Permet de reconsidérer un taxon supposé hybride comme un taxon non hybride sans avoir à changer son nom et inversement.

Inconvénients :

- Nécessité de connaître avec précision l'identité des parents.

- Instabilité nomenclaturale : si l'un des parents change de nom, l'appellation de l'hybride change également.

- Impossibilité de différencier plusieurs formes hybrides différentes basées sur une même combinaison de base.

- Minoration de la réelle individualité de certaines lignées ou populations d'origine hybride, et donc risque de la faire négliger (voir par ailleurs les considérations sur les hybrides).

- Impose un changement d'appellation si un taxon initialement considéré comme non hybride s'avère être secondairement de nature hybride.

Inconvénients :

- Appellation peu évocatrice du statut hybride et de la phylogénèse de l'hybride.

- Complexification nomenclaturale : appellation supplémentaire à utiliser et mémoriser.

- Risque de synonymie intempestive avec de multiples appellations recouvrant inutilement une unique formule.

- Risque de confondre l'appellation d'un taxon hybride avec celle d'un taxon non hybride.

- Minoration du fait que certains hybrides ne sont en aucun cas des lignées ni des populations mais de simples phénomènes individuels ponctuels.

La moins mauvaise solution est sans doute d'utiliser conjointement les deux, le nom unitaire (nothospécifique) suivi de sa transcription en formule.

3. Principales appellations nothospécifiques

On trouvera ci-dessous un tableau récapitulatif des principales appellations nothospécifiques utilisées dans le genre Sempervivum.

Pour des raisons d'histoire de la nomenclature, ces appellations ne concernent en pratique que les plantes Ouest-europénnes, Espagne exclue. A noter que la position en abscisse ou ordonnée des géniteurs ne présume en rien du sens du croisement originel qui la plupart du temps n'est pas connu ou est de peu d'importance.

Les appellations vraiment trop incertaines ou à synonymie trompeuse ne sont pas retenues ici, et certaines cases restent donc vides. L'appellation indiquée pour chaque type de croisement est celle habituellement, sinon consensuellement, retenue, c'est-à-dire la plus ancienne qui soit publiée avec une description suffisante pour permettre de reconnaître la nature hybride de la plante et présumer de ses géniteurs probables, qui dans bien des cas restent douteux et hypothétiques. L'appellation indiquée est alors plus une convention d'usage pour désigner les résultats issus d'un croisement initial donné qu'une fidèle représentation du Type et/ou de la diagnose de l'auteur originel. On retrouve en cela les préconisations récentes du Code International de Nomenclature Botanique qui insiste sur le caractère collectif des nothoespèces.

Remarquons que bien que plus ou moins consacré par l'usage le choix de certaines appellations est parfois malheureux. Ainsi S. ×schottii C.B.Lehm. & Schnittsp. (S. montanum × tectorum) risque fort d'être confondu avec S. schottii Baker (une forme géographique de S. tectorum des Alpes du Sud). De même pour S. ×fauconnetii : dans ce cas l'appellation n'est pas ambiguë mais elle tire son origine d'une population jurassienne en contexte bien particulier et à laquelle il aurait peut-être été plus judicieux de la réserver.

 

 

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